
Marcel et Sylvie Tuaux avaient ouvert les portes de leur exploitation située à Montours, à l'occasion d'une rencontre organisée par l'Adage 35, le 10 décembre. Le système, qui s'appuie sur 42 ha de SAU et 290 000 L de quota réalisé par 52 VL, accorde une place conséquente à l'herbe. Les prairies, associant graminées et légumineuses, sont implantées sur 82% des surfaces (le reste en maïs). "27 ha sont accessibles au pâturage", précise l'éleveur. Des achats sont réalisés : maïs (4 ha), foin (26 t/an), tourteau de colza (35 t), paille (30 t) et fioul (2 200 L).
"Auparavant, la production atteignait 7 500 à 8 000 L de lait par vache laitière, mais j'avais des problèmes sanitaires (acétones, fièvres de lait, mammites…). J'ai surtout réduit les concentrés au départ (actuellement seul le tourteau de colza est utilisé pour équilibrer, l'hiver), puis la part de maïs. Aujourd'hui, la production est abaissée à 5 000 - 5 500 L/VL/an, sans qu'il y ait eu de répercussion économique".
Le pâturage débute fin janvier-début février, géré en paddocks. Le silo de maïs est fermé du début du mois de mai à la fin de juillet, les vaches ne mangent alors que de l'herbe, même si les taux et la fertilité baissent légèrement. "Ensuite, je distribue un peu de maïs et je fais pâturer les vaches le plus longtemps possible. En hiver, l'ensilage d'herbe remplace le pâturage".
Le troupeau, qui à l'installation de Marcel Tuaux en 1989, comprenait 50% de Prim'Holsteins et 50% de Normandes, s'est quasi totalement normandisé. Des croisements sont réalisés avec des races à viande pour mieux valoriser les veaux. L'EBE/UTH s'établit à 34 900 euros en moyenne sur trois ans, dont 6 500 euros/UTH de DPU.
Implantation de méteil
Pour augmenter leur autonomie, les producteurs réfléchissent à l'implantation de méteil (2,9 ha) qui remplacerait le maïs acheté, et à la signature d'une mesure agro-environnementale SFEI (système fourrager économe en intrants). Une simulation réalisée avec l'outil Prairie, développé par l'Adage depuis un peu plus de 2 ans, montre un bilan économique intéressant. Le coût alimentaire baisserait à 41 euros/1 000 L (12 euros pour les concentrés et 29 euros pour les fourrages), contre 89 euros/1000 L actuellement (40 euros concentrés, 49 euros fourrages).
L'impact énergétique serait par ailleurs positif : le producteur passerait de 22 753 à 17 480 EQF/an (équivalent fioul). Le système est déjà peu gourmand à l'heure actuelle, avec une consommation de 78 EQF/1 000 L seulement. Marcel et Sylvie Tuaux ont investi dans des installations d'énergie durable : un chauffe-eau solaire (pour la maison) et des panneaux photovoltaïques (2,5 kW sur la maison et 30 kW sur les bâtiments en deux parties). L'installation professionnelle fonctionne avec trois onduleurs triphasés, situés au plus près des panneaux et permettant de vendre à EDF un courant parfaitement équilibré.
Agnès Cussonneau
Photo : Marcel Tuaux (à gauche) et Michel Priour (président de l'Adage 35), lors de la porte ouverte.