
Les rendez-vous de l’agriculture », réunions décentralisées organisées régulièrement par la Chambre d’agriculture à l’attention des élus des collectivités locales et des élus nationaux, revêtaient un caractère particulier cette année. La crise laitière a été un sujet récurrent lors des débats qui ont rassemblé quelque 200 élus du département. Sans oublier les difficultés financières rencontrées par les éleveurs de porc et de légumes.
Il faut dire que la photographie dressée par la Chambre d’agriculture a de quoi inquiéter les territoires finistériens pour la plupart économiquement très dépendants de l’agriculture. La ferme Finistère est un vivier important pour l’emploi rural. « Une exploitation moyenne génère 5 emplois », a répété Daniel Mazeau, directeur adjoint de la Chambre, rappelant que, sur un territoire comme Quimper-Quimperlé, une commune moyenne compte 28 exploitations agricoles soit 140 emplois. Autre exemple : le Pays de Brest recense 1 882 exploitations qui emploient 3 660 actifs familiaux et 3 300 salariés à temps plein.
La crise financière est entrée dans les fermes
Aujourd’hui, la crise qui se traduit par un ralentissement de la demande a un impact évident sur l’activité des exploitations. « En 2009, les éleveurs laitiers ont enregistré une baisse historique du prix du lait de 52 €/1 000 litres, combinée à une hausse des charges de plus de 10 % en un an », a expliqué D. Mazeau. Les revenus en pâtissent : « Les prévisions font état d’un revenu moyen annuel de 6 000 euros/UTH en 2009. 20 % des éleveurs auront un résultat négatif ».
De tels chiffres mettent clairement en exergue le devenir de l’agriculture. Combien de temps résisteront les éleveurs ? Combien de départs seront imputables à cette crise sans précédent ? Quel sera l’impact sur les installations ? Bref, autant d’interrogations déterminantes sur la place économique de l’agriculture dans les décennies à venir. Soulignons qu’avec un rythme de 130 installations par an, c’est à terme 4 500 exploitations sur le département, soit presque deux fois moins qu’aujourd’hui.
Autre sujet de préoccupation : le foncier. Dans le département, le ratio SAU cultivée/superficie totale est de 59 %. C’est en Cornouaille que la SAU a le plus diminué : - 4 100 ha de 1988 à 2000, soit les 2/3 de la consommation de foncier du département. « Le phénomène s’est accentué depuis, sous l’effet de la pression immobilière et de l’urbanisation, particulièrement en périphérie des villes et surtout dans les communes de la frange littorale ».
D. Le Du
Photo : Deux cents élus ont participé aux réunions organisées par la Chambre d’agriculture (Ici à Quimper).