
C’est un centre équestre tout neuf, tout près du bourg de Plouvorn. Les enfants font du manège et leurs parents papotent bien au chaud dans la salle d’accueil, jetant parfois un œil par la vitre pour encourager leurs bambins. Cet endroit à la fois pratique, aux normes, et convivial, Stéphane Cardinal l’a créé ex nihilo.
Ancien ébéniste et chauffeur routier, Stéphane Cardinal, 42 ans, a pratiqué le concours de sauts d'obstacles en loisir pendant de nombreuses années avant d'en faire son métier. C'est lorsque ses enfants ont commencé eux-aussi à monter qu'il s'est rendu compte qu'il y avait un créneau : « il n'y avait rien dans le coin, il fallait faire plus de 10 km, et tout était complet tout le temps. J’avais envie de me consacrer à ma passion, d’avoir un travail sédentaire et de faire cavalier seul ».
Faire connaître le centre
Il s’installe en septembre 2004, après avoir consacré de longs mois à monter son projet et à construire les bâtiments en grande partie lui-même, pour réduire l’investissement. « Heureusement, c’était juste après que les activités équestres sont devenues agricoles. Cela m'a permis d'acheter 10 hectares de terres et de m'implanter à la campagne. »
L’une de ses principales difficultés a été de convaincre les banques de lui prêter les fonds nécessaires. « Les banques ne connaissent pas les activités équestres, nous ne sommes pas en Normandie… J’ai dû en voir plusieurs avant d’en trouver une qui m’a fait confiance. En plus, je n’avais aucune aide à l’installation… »
Stéphane n’hésite pas devant l’obstacle. Le challenge est important. Tous ses biens personnels sont pris en garantie.
Forcément, les débuts ont été stressants. Il fallait faire connaître le centre. Le jeune agriculteur organise deux portes ouvertes. Une centaine de cavaliers s’inscrivent. Aujourd’hui, il fait le plein. 180 licenciés, des cours quasiment complets. 9 chevaux en pension. Stéphane Cardinal est maintenant serein. « Il m’a fallu 4 ans pour pouvoir vraiment en vivre. Maintenant, ça roule. 80 % des clients du début sont toujours là ! L’ambiance s’est faite. Tout le monde se connaît. » Cette satisfaction des clients génère évidemment un bon bouche-à-oreille, le meilleur moyen de développer l’activité. Ce qui plaît particulièrement à Plouvorn Equitation, c’est que tout est pensé pour l’accueil. Les abords sont propres. Tout est neuf, aux normes .
350 rounds de paille par an
Le chef d’entreprise est également attentif aux prix proposés. « On est à la campagne, les prix doivent rester corrects. 37 euros par mois, c’est le prix d’un abonnement pour une heure par semaine, y compris pendant les vacances ».
Rester concurrentiel suppose évidemment de bien gérer l’entreprise. Notamment de maîtriser les charges. « Ce qui coûte le plus cher, c’est l’entretien de la quarantaine de chevaux et poneys. Il me faut 350 rounds de paille par an. J’ai la chance de connaître des agriculteurs dans le coin, et on fait un échange paille contre fumier. » L’autre poste important, ce sont les charges salariales, car Stéphane emploie une monitrice d’équitation.
Maintenant que l’activité est sur les rails, les projets fourmillent dans son esprit. « D’abord, j’aimerais prendre des vacances. Ensuite, je pense monter une activité l’été en bord de mer. Et installer des panneaux photovoltaïques.» Manifestement, il galope, pour avoir toujours une longueur d’avance.
Marie-Françoise Menguy
CER FRANCE Finistère
Photo : Stéphane Cardinal (au centre) avec des élèves la Maison Familiale de Landivisiau qui viennent fréquemment à Plouvorn Equitation.
Le taux de TVA à 5,5% menacé
Les activités équestres (éleveurs, dresseurs, entraîneurs, centres équestres, pensions et gardiennage) font partie des activités agricoles, au sens fiscal, depuis 2004. Elles sont de ce fait rattachées au régime spécifique de la TVA (taux réduit à 5,5 %) prévu pour les exploitants agricoles. Ce taux réduit pourrait être remise en cause pour toutes les activités équestres : la Commission européenne vient de saisir la Cour de justice des communautés européennes contre l’Etat français à ce sujet.