
L'association "Feedsim Avenir" a été créée en 2007 pour fédérer les acteurs économiques de la Nutrition animale en Bretagne (fabricants d'aliment, groupements de producteurs, transporteurs, organismes portuaires…). "L'objectif est clair : rechercher la meilleur compétitivité globale dans l'alimentation du bétail et répondre ainsi aux demandes des filières animales", déclare le président Hervé Vasseur.
Et les dossiers ne manquent pas, à commencer par la volonté des membres de Feedsim de transférer de la route vers le rail, tout ce qui peut l'être. La mise en place de plateformes ferroviaires, véritables centres de transit, pour rationaliser les approvisionnements en céréales et autres matières premières, est déjà réalisée à Montauban. D'autres pourraient suivre à Vitré et à Lorient.
Plus de 300 000 rotations
"Nous enregistrons, en effet, plus de 300 000 rotations de camions par an, pour l'aliment du bétail. Plus de la moitié d'entre elles (170 000) ont lieu dans un rayon de moins de 50 km". D'autres se font sur une distance plus importante et pourraient être transférées sur rail. Le passage du tonnage transportable par camion à 44 tonnes serait une solution rapide pour limiter le trafic. "Cela réduirait de 19 % le nombre de rotations et de 28 % les émissions de CO2", précise Laurent Morin. Les responsables de Feedsim espèrent une conclusion rapide de ce dossier.
Les OGM constituent un autre dossier important. Le surcoût lié à la segmentation OGM/non OGM est supérieur à 200 millions d'euros pour le Grand Ouest. Cela représente un surcoût de 10 à 20 cts d'euro par kg de viande blanche.
Le métier de l'alimentation animale est méconnu. "Ce n'est pas seulement un poste de coût, c'est aussi un véritable acteur qui apporte de la valeur ajoutée et qui participe à la compétitivité des productions animales bretonnes", souligne Jacques Jaouen, président de la Chambre régionale d'Agriculture.
Ne pas opposer
Faut-il multiplier les cahiers des charges pour différencier certaines productions par rapport au standard ? "Le standard restera le socle de la production porcine et on ne doit pas opposer les différentes façons de produire", souligne Christophe Chrétien, directeur de Sanders Bretagne. "La nutrition animale continue d'apporter un plus en intégrant les valeurs du développement durable sous les angles environnemental, social et économique". Il estime que des gains sont encore possibles au niveau des émissions de gaz à effet de serre par l'amélioration de l'indice de consommation et de la logistique.
"Il faut différencier le produit en racontant une histoire autour du porc. Nous avons des valeurs bretonnes à faire partager", estime Daniel Picart, président de Cochons de Bretagne. "On ne décrète pas un marché", ajoute Marc Simon, du groupe Jean Floc'h. "S'il y a marché, il y aura achat". Pour Jacques Jaouen : "Face aux questions d'ouverture du marché, de droits de douane, de logistique, de restructuration d'exploitations, il faut travailler ensemble car les solutions sont d'abord chez nous".
Patrick Bégos
Photo : De droite à gauche, Jacques Jaouen, président de la Chambre régionale d'Agriculture, Daniel Picart, président de Cochons de Bretagne, Christophe Chrétien, directeur de Sanders Bretagne, Yvon Pennors, directeur de Bunge France.