
Première assemblée animée, mais relativement sereine pour l’AEBEA. Dans un contexte qui reste encore incertain, chacun a pu s’exprimer et demander des explications. Seule quelques voix (très minoritaires) se sont élevées pour contester. Se contentant pour certaines d’attaquer les responsables pour porter le débat sur un terrain syndical. « Nous sommes là pour défendre tous les producteurs d’Entremont Alliance, au-delà des appartenances », a rappelé le président de l’association, Pascal Nizan. Il refuse d’emblée l’amalgame avec d’autres conflits. Une position suivie puisque tous ceux qui se représentaient aux suffrages de près de 300 adhérents présents ont été réélus au Conseil d’administration (voir ci-dessous).
Perte de confiance
Pour autant ce n’est pas un chèque en blanc qui leur a été accordé. Plusieurs intervenants de la salle ont rappelé la volonté des éleveurs de sortir rapidement et définitivement du giron d’Entremont Alliance et du groupe CNP (Albert Frère). « Il faut absolument trouver une solution et maintenant car nous n’avons plus confiance. Les producteurs comme variable d’ajustement, ça suffit ». a expliqué Olivier Auffray producteur en Ille et Vilaine, et élu de l’association.
La salle a aussi exprimé le souhait à plusieurs reprises de voir étudier toutes les solutions industrielles qui pourraient se présenter. La proposition du groupe Sodiaal a certes le mérite d’exister, mais une majorité considère qu’elle doit être revue car la contribution demandée aux producteurs est jugée inacceptable, et notamment les 3,8 euros/1000 litres dits de restructuration.
Sur ce dernier point, les responsables de l’AEBEA ont tenu à préciser que cette solution présentée sur le terrain lors des réunions était celle de Sodiaal et non celle de l’association. « Nous avions émis les plus grandes réserves auprès des dirigeants et c’est pour cette raison que nous avons demandé aux responsables du groupe de venir l’expliquer », rappelle Pascal Nizan. « Ils avaient besoin de venir entendre votre position de producteurs. Ils ont compris que leur proposition ne vous satisfaisait pas ».
La proposition Lactalis se fait attendre
Copie à revoir donc pour Sodiaal, mais aussi un certain agacement par rapport au groupe industriel Lactalis, qui s’est pour le moment contenté d’alimenter la polémique en s’adressant directement aux producteurs au travers d’un courrier. « Ce ne sont pas les producteurs qui vendent l’entreprise, mais la CNP ». En clair, il ne suffit donc pas de faire miroiter une solution aux producteurs, il faut surtout faire des propositions concrètes comme repreneur. « Il faut que Lactalis se dévoile », commente le président. Une proposition pourrait être faite dans les prochains jours.
Les responsables ont été encouragés par l’assemblée générale à poursuivre. Ils attendent désormais les conditions de Lactalis, les nouvelles propositions de Sodiaal, car rappelle Pascal Nizan « le projet est inacceptable en l’état », ou d’autres éventualités qui pourraient se présenter. Affichant une réelle détermination pour aboutir, mais aussi une certaine fébrilité, car les clés d’une solution acceptable ne sont pas toutes entre leurs mains. Mais quelles que soient les solutions proposées viendra un jour le moment du choix. « Il appartiendra alors à chaque producteur de se déterminer ».
Pierre Dénès
Photo : Forte participation des adhérents de l’association des éleveurs de Bretagne apporteurs de lait à Entremont Alliance.
Les administrateurs élus le 11 décembre
22 : Beurel Jacques, Chartier Georges, Chastel Jean-Pierre, Clément Jean-Pierre, Daniel Erwan, Le Métayer - Morice Laurence
29 : Cadiou Marc, Caradec François, Gallouédec Yvon, Le Grand Yoann, Le Meur Ronan, Prigent Pascal, Rest Brigitte
35 : Auffray Olivier, Garnier Philippe, Lefebvre Marie-Madeleine
56 : Aukes Jacques, Buquen Pascal, Coué Arnaud, Choquet Jean-Michel, Jacques Ronan, Jolly Nicolas, Nizan Pascal