
Quelque 86 % des livraisons de lait en Europe passent par les coopératives ou par des contrats avec des industriels privés, relève la Commission européenne dans une première note de synthèse des débats menés depuis le mois d’octobre dans le cadre du groupe de réflexion à haut niveau sur le lait.
Peu d’emprise sur les prix
Dans le cadre des coopératives, l’essentiel de la relation repose sur la garantie pour les éleveurs individuels d’écouler l’ensemble de leur production et d’influencer de façon partielle les processus de transformation et les prix. Les contrats avec les entreprises privées précisent de façon plus claire les quantités et les prix, mais le pouvoir de négociation de producteurs y reste très limité, décrit la Commission.
Dans les deux cas, les relations contractuelles sont relativement floues sur les volumes de livraison en raison de la saisonnalité et sur le niveau des prix, ce qui place l’essentiel des risques liés à l’évolution des marchés sur les épaules des producteurs et ne contribue pas à réduire la volatilité des cours, indique en substance la Commission. Elle en conclut qu’il « semble exister une marge pour l’amélioration des relations contractuelles ».
Une grande diversité d’un pays à l’autre
Toutefois la situation qui prévaut pour les 955 000 producteurs de lait en Europe est très différente d’un Etat membre à l’autre. Les petites structures (moins de 100 tonnes par an) prédominent largement dans les anciens pays de l’Est, en Autriche et dans une moindre mesure en Grèce, en Italie, en Estonie et au Portugal. Les structures moyennes (entre 100 et 500 tonnes) sont très présentes en Espagne, en Allemagne, en Finlande, en Suède, en Belgique, en Irlande au Luxembourg, en France et à Malte. En revanche, les grandes fermes laitières (plus de 500 t) dominent largement le paysage en République tchèque, en Slovaquie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, au Danemark et à Chypre
Organisations professionnelles : surtout l’Italie et la France
Des organisations interprofessionnelles existent officiellement dans sept pays de l’UE (Bulgarie, Espagne, France, Portugal, Roumanie, Suède, Italie). Mais c’est en Italie et en France qu’elles jouent, selon Bruxelles, un rôle important dans la définition des relations contractuelles entre producteurs et transformateurs.