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Finistère (29)
Jean-Guy Le Floc’h, Armor Lux / Rebondir sur “l’horreur” de la mondialisation
 

Armor Lux est une entreprise souvent citée en exemple. Confrontée au tourbillon de la délocalisation de la production du textile, l’entreprise quimpéroise a fait preuve d’imagination pour ne pas être emportée dans la vague des fermetures d’usines provoquées par une concurrence à la férocité sans nom.
« Quand nous avons repris l’entreprise en 1995, nous ne connaissions rien au métier. Nous voulions simplement revenir au pays. Très vite, nous avons découvert l’horreur de la mondialisation », a expliqué le chef d’entreprise quimpérois, invité à témoigner lors l’assemblée générale de la Fédération Groupama Bretagne du Finistère.


« La crise est derrière nous depuis longtemps »


L’horreur dont parle J.G. Le Floc’h, c’est l’ouverture progressive des frontières et la mise à l’épreuve des coûts de production français qui ne rivalisent pas plus du temps de l’écrire à ceux pratiqués ailleurs. « 2 000 € pour un mois de travail chez nous ; 80 € en Inde ; 70 € en Chine », énumère-t-il. « Des jeans produits pour 3 € en Chine arrivent chez nous à 3,50 €. Pour être revendus 100-200 € à vos adolescents ». Et ce capitaine d’industrie finistérien d’ajouter avec un humour grinçant : « Aujourd’hui, on fait encore mieux. 30 € par mois au Bangladesh pour la même productivité qu’en France. Là, je crois qu’on ne fera pas mieux. À moins d’aller produire sur Mars ! ».
Constat sans appel, concurrence sans limites. Ici, chez nous, dans une Europe qui lève peu à peu toutes les barrières douanières. Ce qui fait dire à Jean-Guy Le Floc’h que pour le textile français, la crise est derrière nous depuis longtemps. La vraie crise du secteur a été l’ouverture des frontières. « Les autres secteurs doivent savoir qu’ils seront à leur tour confrontés à cette mondialisation sans doute trop sauvage ». Jusqu’à l’agriculture qui commence à se frotter à ce monde économique où seul le prix compte.


Emprunter un autre chemin


Périr, ou courir devant. L’entreprise quimpéroise, créée en 1938, n’avait d’autre choix que d’imaginer une voie différenciée pour se démarquer. La qualité, l’éthique et, aujourd’hui, le développement durable constituent le trépied sur lequel Armor Lux a construit son fonds de commerce. « Il faut avoir beaucoup d’imagination », lance J.-G. Le Floc’h.
« Nous avons trouvé un chemin stratégique qui nous permet d’être serein », poursuit le chef d’entreprise formé à l’école de Vincent Bolloré. « Nous veillons à ne pas acheter là où les textiles sont fabriqués par des enfants ; là où il y a du travail forcé . Nous veillons à ce que les fibres utilisées ne soient pas nocives à la santé ». Au consommateur ensuite de se poser des questions similaires…


Didier Le Du


Photo : Armor Lux ouvre un nouveau magasin tous les six mois.



 




 


Un nouveau magasin tous les 6 mois

Produire de la qualité et la vendre. Pour faire face au vieillissement du circuit traditionnel de distribution que constituaient les merceries des bourgs, l’entreprise a investi dans ses propres magasins. Et continue de porter des projets dans ce sens en valorisant l’identité bretonne. « Nous ouvrons un magasin tous les 6 mois. Bientôt sur Paris Ouest où résident de nombreux Bretons ».
Enfin, les deux patrons finistériens ont également beaucoup misé sur l’habillement des postiers avec livraison des tenues à domicile. Sans oublier d’autres tenues d’un tout autre bleu… Aller circulez, il n’y a rien à voir. Sauf que ce créneau de la tenue de travail représente environ 50 % du chiffre d’affaires de cette entreprise qui fait travailler 650 personnes.



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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Décembre 2009
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