Pour mieux cerner la perception et la compréhension des agriculteurs à l'égard des risques sanitaires, 400 exploitants agricoles bretons ont été interrogés. "76 % considèrent que les pesticides présentent des risques importants pour la santé de l'applicateur", détaille Béatrice Gautier-Grall, ingénieur sanitaire. Mais, les agriculteurs ont tendance à relativiser le risque pesticide. "Seuls, 36 % d'entre eux pensent que leur utilisation pourrait aboutir à un problème de santé publique, d'ici quelques années".
Ils perçoivent surtout un risque à long terme lié à l'exposition lors de la pulvérisation, mais ils le jugent "abstrait, difficilement quantifiable et peu maîtrisable". Le risque à court terme, durant la période de préparation de la bouillie, est relativisé car il est considéré comme maîtrisable par une bonne connaissance des produits.
Formation des magasiniers
S'ils revendiquent un haut niveau de protection, ils sont pourtant peu nombreux à porter des équipements de protection individuelle et à choisir leurs produits en considérant le degré de toxicité pour l'homme. L’information sera l'objet d'une campagne menée par la MSA, Coop de France, Négoce Ouest dans l'opération "Bonne attitude phyto". Une vaste opération de formation de magasiniers (400 pour 2010) vient d'être lancée.
Mieux cerner les cancers
Les pesticides sont-ils responsables de certains cancers des agriculteurs ? Face à l'absence de réponses claires, la MSA a lancé Agrican, première étude nationale sur le sujet, à partir des registres de cancer de 12 départements et d'un questionnaire adressé à plus de 600 000 personnes. Les résultats sont attendus pour l'an prochain.
"Les études dont on dispose aujourd'hui sont essentiellement scandinaves ou américaines et ne reflètent pas la réalité française", précise Dr Lebailly, d'Agrican. Notre pays utilise beaucoup plus de fongicides que d'autres. Certains cancers semblent toucher plus fréquemment la population agricole, par exemple, celui de la prostate pour les éleveurs qui utilisent des produits chimiques.
Patrick Bégos