La France laitière, comme les années passées, ne réalisera pas son quota. Tandis que la hausse des beurres et poudres industriels depuis plus de dix semaines est annonciatrice d’une hausse des prix à la production au prochain trimestre. Alors pourquoi ne pas laisser les producteurs surfer sur cette vague haussière en leur permettant de produire plus ? C’est le raisonnement « iconoclaste », tenu par la FDSEA du Finistère. Tout comme celle des Côtes d’Armor qui appelle « à libérer quelques volumes sur la fin de campagne par la réactivation des prêts de quota ». Une volonté aiguisée par le fait de voir les grands pays producteurs de lait en Europe, augmenter leur production pendant que la France voit la sienne diminuer. Voilà qui va fâcher les tenants de la maîtrise de la production pour faire monter les prix. Les difficultés actuelles résultent d’abord de coûts de revient élevés et d’une demande atone liée à la crise mondiale. Mais le problème fondamental c’est celui de la politique agricole et de son adaptation au nouveau contexte mondial de volatilité des marchés. La performance économique nécessite une réactivité immédiate aux marchés. Les règles européennes de l’Organisation commune des marchés sont-elles adaptées à cela ? La possibilité de produire dans le cadre d’une contractualisation double prix / double volume, offrirait-elle plus de souplesse pour réagir aux marchés ? La filière betterave à sucre aussi, a adopté le principe des quotas multiples... depuis 1934. Mais la réforme de l’organisation communautaire du sucre de 2005 a gelé les possibilités d’exportation. Aujourd’hui, avec la pénurie mondiale de sucre, les planteurs de betterave demandent une politique plus souple de la part de l’Europe. Ils veulent aussi répondre rapidement au marché.