
Vendredi 4 décembre les dirigeants de la Cooperl et d’Unicopa ont officialisé la cession de toutes les activités de Brocéliande au groupe Cooperl. Une étape supplémentaire dans la cession des actifs d’Unicopa, en proie à de graves difficultés depuis plusieurs mois.
Cooperl conforte son ancrage dans la filière porcine et s’implique dans une activité nouvelle, la fabrication du jambon cuit. Il représente 35 000 tonnes sur les 51 000 tonnes des 4 unités de fabrication. Et porte de 74 000 tonnes les activités globales de charcuterie salaison du groupe Cooperl Arc Atlantique.
Marques distributeurs
Avec le rachat de Brocéliande, Cooperl se positionne principalement sur le segment important des marques distributeurs (MDD). Ce sont elles qui font désormais l’essentiel du marché de la charcuterie salaison. Évidemment ce rachat va offrir un nouveau débouché important aux ateliers de découpe des abattoirs du groupe. Emmanuel Commault précise cependant que ce rachat ne va pas déstabiliser le marché de ce segment. « Nous n’entendons pas transformer la totalité de nos jambons et Brocéliande va maintenir ses approvisionnements auprès d’autres abatteurs ».
L’évolution devait donc s’opérer progressivement. Les objectifs sont cependant clairement affirmés. « La pérennisation de Brocéliande et le retour rapide à la rentabilité ». Ajoutant « Nous n’achetons pas de sites pour les fermer. Il y aura probablement de nécessaires adaptations. Mais pour le moment nous ne sommes qu’en phase d’évaluation ». Il n’annonce pas de plan social, mais se refuse à apporter des garanties formelles sur l’emploi. « Nous sommes sur le marché européen des pièces. Et nous le sommes de plus en plus pour la viande fraîche et la salaison. Nous devons donc faire preuve d’efficacité et d’innovation ». Inquiet par les distorsions de concurrence avec l’Allemagne.
Le groupe, dont on connaît la prudence naturelle, n’est cependant pas venu sur ce dossier par hasard. Guy Dartois, le président de Cooperl Arc Atlantique, affirme : « Brocéliande est une belle entreprise et a tous les atouts pour rebondir. Elle contribue à renforcer la cohérence régionale de notre groupe pour avoir une filière porcine puissante ».
Pierre Dénès
Photo : Les dirigeants de Cooperl Arc Atlantique et d’Unicopa lors de l’officialisation de la cession de Brocéliande.
Cooperl Arc Atlantique en bref
• 2200 producteurs pour 6 millions de porcs
• 3 sites industriels (abattage et découpe) : Lamballe (22) , Montfort sur Meu (35), St Maixent (Deux Sèvres)
Secteur salaisonnerie :
• Cooperl : 23 000 tonnes de produits de charcuterie sur les deux sites de Lamballe (200 salariés) et Saint Brieuc (50 salariés).
• Brocéliande : 130 millions d’euros de CA pour 51 000 tonnes de produits de charcuterie-salaison sur 4 sites Villers Bocage (14) 450 salariés, Loudéac (22) 450 salariés, Bécherel (35) 200 salariés (Roanne (42) 60 salariés.