
Treize éleveurs d'Ille-et-Vilaine ont, à ce jour, été convoqués par le délégué du procureur de Saint-Malo pour n'avoir pas respecté l'obligation de vacciner contre la FCO durant la campagne 2009 (le scénario risquant de se reproduire pour la campagne en cours). En 2009, ils seraient 193 à être dans cette situation.
C'est une sorte de rendez-vous de la dernière chance qui est ainsi proposé aux concernés : "on nous propose de payer sous 10 jours une amende de 10 euros par animal non vacciné, sous peine de voir notre dossier transmis au procureur de la république", relate Mickaël Romé, du Collectif FCO Ille-et-Vilaine (comprenant Gab, Adage, Confédération paysanne) pour le libre choix de prophylaxie, qui a pour sa part choisi la second option.
"Pas une maladie contagieuse"
L'argument principal sur lequel s'appuient ces militants est le fait que la FCO nécessite, pour être transmise, l'intervention d'un moucheron. "Il s'agit donc d'une maladie vectorielle et non pas contagieuse. Or, on nous accuse de ne pas appliquer un arrêté découlant de l'article 223-21 qui classe la FCO en maladie contagieuse. Pour nous, il faut la retirer de cette liste", poursuit Mickaël Romé, qui s'appuie sur l'expérience d'autres pays pour expliquer sa position. "Israël, par exemple, vaccine depuis 10 ans, en vain : aucun pays au monde n'a éradiqué la FCO (qui peut aussi se transmettre par la faune sauvage) par vaccination. De son côté la Grèce, plus exposée que nous par le passé (4 sérotypes), ne vaccine pas et est aujourd'hui indemne. Les animaux se sont auto immunisés."
Point de rupture
Et c'est bien ce dernier point, de l'immunité naturelle des animaux, qui fait débat (comme, d'ailleurs, dans le cas de la grippe A). Forts des très bons résultats de la vaccination (1 seul cas de FCO en Bretagne en 2009), les GDS et DSV sont très clairs sur la question : le cadre réglementé dans lequel se trouve la maladie ne permet pas de considérer cette immunité comme un moyen de protection valide. Refusant cet état de fait, les éleveurs du Collectif pour le libre choix de prophylaxie, appuyés par leurs avocats, s'estiment pour leur part "déterminés et prêts à aller plus loin".
Anne-Laure Lussou
Légende : Les moyens de lutte découlent aujourd'hui du classement de la FCO en maladie contagieuse, classement contesté par le Collectif pour la liberté de prophylaxie.