
Peser pour entrer dans les négociations sur le prix du lait est l'objectif affiché par l'Apli (Association des Producteurs de Lait Indépendants) dans sa démarche de mise en place d'un office du lait. "Actuellement, les discussions se jouent à guichet fermé dans le cadre du Cniel, où seul le syndicat majoritaire est représenté. L'office du lait a pour but de représenter l'ensemble des producteurs. Il serait présent, avec la Fnil (industriels privés), la FNCL (coopératives) et la FNPL, dans l'interprofession actuelle qui serait ouverte et rénovée, ou dans une nouvelle interprofession", a précisé Pascal Cousté, délégué régional de l'Apli, lors d'une réunion de présentation de la démarche, le 3 décembre à Saint-Méen-le-Grand, en Ille-et-Vilaine.
Environ 600 producteurs étaient présents, venus à la rencontre du président national de l'Apli, Pascal Massol, également producteur de lait dans l'Aveyron. D'autres réunions de même envergure, ou plus locales, ont eu lieu récemment sur toute la Bretagne.
Un office du lait pour être crédible
Pour prouver leur représentativité et être crédibles, les responsables de l'Apli demandent aux producteurs français en accord avec la démarche de remplir une demande d'adhésion à l'office du lait. Leur volume de production doit y être précisé. "L'office deviendrait une entité économique pouvant peser et négocier de façon équitable avec le reste de la filière", ajoutent les responsables. "Nous devons agir vite, avant la fin de l'année, avant que le contenu de la Loi de modernisation agricole soit décidé".
A terme, l'Apli, dans le cadre de l'EMB, souhaite "mettre en place une interprofession au niveau de l'Europe, avec une harmonisation du prix sur le territoire européen". Pour que tous les éleveurs puissent s'assurer un revenu, "la régulation publique doit être maintenue à l'échelon européen", déclare Pascal Massol. "Nous agissons dans ce sens auprès des ministres de l'Agriculture européens, de la Commission, du Parlement et des hauts fonctionnaires". Les responsables de l'Apli espèrent que "l'EMB puisse représenter 25% du volume européen pour avoir une réelle force économique".
“Pas de double quota”
Concernant la contractualisation, qui ne devrait pas être appliquée avant avril 2011, Pascal Cousté a précisé qu'il était important pour les adhérents de l'Apli de participer aux réunions de discussions qui vont être mises en place par les Chambres d'agriculture et les différents syndicats agricoles sur le sujet. "Des points importants tels que la durée des contrats et comment en sortir devront être abordés. Par ailleurs, nous devons refuser le double quota. Nous ne savons pas quels pourcentages seront attribués aux quotas A et B". Pour les responsables de l'Apli, "accepter ce volume B contribue à créer des excédents, donc à baisser le prix".
Agnès Cussonneau
Légende : Pascal Massol, Président national de l'Apli