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Gilles Psalmon, directeur de la Fédération national des production de lait (FNPL) / Les accords ont tamponné la volatilité des prix
 

L’abandon des outils de gestion de marchés par Bruxelles n’est pas récente. Elle a débuté en 1992 par le secteur céréalier. « En clair  l’objectif était de laisser le marché vivre sa vie et d’intervenir le moins possible ». explique Gilles Psalmon, directeur de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) lors de la journée lait de la FDSEA  et des JA22.


Fondations lézardées


Pour le secteur  laitier, le mouvement a été retardé, mais il était inscrit dans l’Agenda 2000 et depuis la réforme de 2003, l’abandon des outils de gestion est aussi acté. « Ce qui a conduit à une  Pac sans gouvernail ». Les soubresauts actuels des marchés laitiers en sont l’une des conséquences. « La fin programmée des quotas va dans le même sens. Elle est actée pour 2015 ».  La preuve a de nouveau été donnée en 2009, avec l’attitude des responsables politiques pendant la crise de la filière. « Ni l’Union européenne, ni les ministres n’ont bougé une virgule sur cette évolution. Ce n’est pas notre vision du monde laitier, mais c’est une réalité que l’on ne peut ignorer », insiste Gilles Psalmon .
Il est vrai que la Pac d’avant 1992 faisait de l’Union européenne  une « forteresse ». D’un côté  l’intervention qui permettait une valorisation minimum pour les produits dits industriels (beurre –poudre), de l’autre la préférence communautaire qui bloquait les importations à bas prix, sans oublier les aides à l’exportation et les quotas. « Mais, explique t-il, les fondations de l’Union se sont progressivement lézardées et les outils de gestion des marchés ont progressivement été abandonnés ».
Evidemment, les niveaux de soutien en 2002 à 280 euros/tonne apportaient plus de sécurité que ceux de 2008 autour de 200/210 euros. Car dès lors, c’est le marché et lui seul qui dicte sa loi. Avec, entre 2002 et 2006, une érosion lente des prix, puis sur 2007 et au premier semestre 2008 une explosion liée des facteurs climatiques dans certaines régions du monde et à une demande accrue de pays émergents…, entraînant une inflation sur toutes les matières premières.


Une crise du revenu


Le revers s’est  ressenti durement sur 2009, car non seulement le prix du lait est revenu à son niveau de 2006, mais les producteurs doivent faire face à un niveau de charges nettement plus élevé (+ 10 à + 15 %). « Des coûts d’énergie et d’intrants plus élevés et le poids d’investissements nécessaires effectués sur 2007 et 2008 ». Un constat qui lui fait dire qu’en 2009, « il s’agit plus d’une crise de revenu, qu’une crise de prix ».
Pour autant, il tient à souligner, chiffres à l’appui, et parfois contrairement à d’autres avis que la volatilité a été moins forte en France. Une des raisons est  la moindre exposition de la part des produits qui restent sur le marché intérieur, les produits dits de grande consommation (PGC). Soulignant toutefois qu’au cours de 2009, les opérateurs français ont aussi été attaqués sur le marché de l’emmental et du lait de consommation. « Des importations équivalant à une grosse usine de lait de consommation et à une très grosse usine d’emmental ». De fait,   les prix des produits de grande consommation sortis usines  ont baissé de 10 %, mais pas pour le consommateur.
Un autre facteur a aussi tamponné cette volatilité sur les prix : les accords interprofessionnels. Même s’ils ne sont pas toujours jugés satisfaisants sur le terrain. « À chaque fois, en octobre 2008 et en avril 2009, que nous n’avons pu avoir d’accord, les éleveurs se sont retrouvés avec des prix du lait très bas, au niveau des voisins européens ». (cf. ci-dessous)

Pierre Dénès




 


Du mieux attendu en 2010


Le regard qu’il jette sur 2010 est un peu plus optimiste. « La production mondiale se stabilise, et la demande tend à se raviver. On constate d’ailleurs plus de fermeté sur les cours de toutes les matières premières, et pour le secteur laitier du beurre et dans une moindre mesure de la poudre. Une tendance sans doute moins affirmée sur les produits de grande consommation. Ainsi le Gouda et l’emmental peinent  à retrouver les cours de 2006 et sur  les indices PGC France (lait, emmental, beurre, yaourt, camembert) repartent difficilement à la hausse, surtout les produits de grandes marques. Les 1er prix et MDD (marques distributeurs) se comportent mieux. Partant de ces constats, il estime que le prix du 1er trimestre 2010, en tenant compte de l’accord du 3 juin qui permet de donner des indicateurs, pourrait se situer dans une fourchette comprise entre 284 et 288 euros (1er trimestre 2009 compris entre 262 et 280). Mieux donc mais pas euphorique. Reste encore à le concrétiser dans les faits.






Légende : Gilles Psalmon, directeur de la FNPL, au micro aux côtés de Hervé Moël et Ronan Le Denmat, responsables lait FDSEA et Jeunes Agriculteurs.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Décembre 2009
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