Le probable visage de la Commission européenne est connu. Il ne reste plus qu’aux impétrants « admis sur dossier », à passer l’oral devant les députés européens. Cette nouvelle commission, sans surprise, est un subtil équilibre entre « régulateurs » (marché intérieur, concurrence) et libéraux (économie, commerce). Le nouveau Commissaire à l’agriculture serait le Roumain Dacian Ciolos. Il est le candidat de la France. Un commissaire ingénieur horticole et ministre de l’Agriculture de son pays, « francophile », qui a poursuivi ses études en France, notamment en Bretagne et a épousé une Française. La France se réjouit de son CV. Mais cette sympathique présentation n’est pas un chèque en blanc pour notre pays souvent isolé dans ses positions. Les Anglais ont tenté de s’opposer à la candidature de Dacian Ciolos sans doute par peur de dépenser trop d’argent pour l’agriculture. Michel Barnier aussi est sous la surveillance de Londres et plus précisément de sa sphère financière qui voit en lui un risque « susceptible » de... mettre en application les décisions du G20 après la crise financière passée. Le volet financier est finalement resté dans le portefeuille du marché intérieur attribué à Michel Barnier. Mais avec « l’appui » d’un directeur général britannique. Un « contrôleur » selon l’expression de Daniel Cohn-Bendit qui y voit une « provocation ». Nicolas Sarkozy a déclaré que « les Anglais sont les grands perdants de l’affaire ». Il se rendra dans la capitale londonienne pour « rassurer » la City. Mais les Anglais sont déjà des gagnants de la Pac. Ils le doivent toujours à Margaret Thatcher, qui avait obtenu en 1984, un rabais de plus de 5 milliards d’euros chaque année sur la contribution anglaise, dont 1,5 milliard payé par la France.