
L'opération la plus marquante a concerné l'hiver dernier l'abattage de 77 bovins pour abréger leurs souffrances. Les frais de cette intervention ont été mis à la charge de l'éleveur. Une autre situation relevait plus de la fraude, en été 2007, avec le repérage d'une dizaine d'animaux sur une parcelle avec un seul présentant une identification. "La parcelle appartenait à un ancien agriculteur qui avait pris en pension les animaux suite à une petite annonce émanant d'un éleveur à la recherche de pâturage disponible", explique Michel Le Moine, adjoint du chef de service "Santé et protection animale" à la DSV d'Ille-et-Vilaine. "Ni le détenteur, ni le propriétaire des bovins n'ayant pu apporter la justification de la traçabilité des animaux, ceux-ci ont été éliminés à l'équarrissage aux frais du détenteur".
Mauvaises conditions d'alimentation, de soins, de logement, cadavres laissés trop longtemps sur l'exploitation, refus d'opérations obligatoires liées aux maladies réglementées, problèmes d'identification… "Nous avons en permanence une dizaine de cas difficiles en cours et la situation ne s'améliore pas", chiffre Alain Lecavelier, chef du service "Santé et protection animale". Ces cas extrêmes correspondent souvent à des situations sociales délicates, des problèmes psychologiques ou de maladies… Ils peuvent parfois être liés à des fraudes ou des agriculteurs qui ne souhaitent pas se mettre en phase avec la réglementation.
"Nous essayons de gérer en amont ces cas difficiles. Parfois, la situation ne s'améliore pas malgré les procès-verbaux ou mesures préventives", précise Thomas Berthe, directeur de la DSV d'Ille-et-Vilaine. C'est alors que des décisions extrêmes doivent être prises telles que la mise en pension des animaux chez des tiers, le départ à l'abattoir, l'euthanasie d'urgence… "Des mesures qui demandent des moyens importants".
En partenariat avec les organisations professionnelles
Les actions préventives sont menées en partenariat avec le GDS, la Chambre d'agriculture, l'EDE, la MSA, l'Atèse, la DDA. Une Commission informelle, créée suite à la Commission "lait hors-normes", travaille dans ce sens. Les vétérinaires, les techniciens, les groupes d'agriculteurs constituent aussi des leviers d'action. "N'attendez pas avant d'en arriver à des situations inéluctables", conseillent les responsables de la DSV.
La famille, les voisins doivent aussi alerter les différentes organisations avant que la situation n'empire. Certains agriculteurs en retraite jouent parfois un rôle de médiateur entre les agriculteurs en difficulté et les organisations. "Même quand il faut agir, nous le faisons en toute transparence en essayant de léser le moins possible les éleveurs, par exemple en valorisant les animaux", soulignent les responsables de la DSV.
Agnès Cussonneau
Photo : De gauche à droite : Thomas Berthe (directeur de la DSV d'Ille-et-Vilaine), Didier Vaucel (directeur adjoint), Alain Lecavelier (chef du service "Santé et protection animale"), Marie Amélie Rouxel (technicienne dans le service) et Michel Le Moine (chef adjoint du service).