
Cela fait désormais environ un an que le nouveau bâtiment laitier du Gaec de la Pyramide est en service. Jeudi 26 novembre, à l’initiative des éleveurs et des Ets Méheust, entreprise spécialisée dans les équipements d’élevage à Lamballe, une porte ouverte a permis à de nombreux éleveurs (entre 500 et 600 visiteurs) de découvrir l’atelier.
Il s’agit en fait de la création d’un nouveau site laitier, issu du regroupement de trois exploitations. Mariannick et Maurice Pincemin, installés en 1982, ont d’abord constitué en 2005 un Gaec avec un voisin, Hervé Rio, installé en individuel depuis 2001. Ils sont rejoints en 2008 par Jacques Poilvet, ancien salarié du CER, qui a apporté l’exploitation et le quota de l’exploitation familiale sur la même commune.
Limiter l’astreinte
Au premier abord, c’est à la fois l’aspect compact et la luminosité du bâtiment qui impressionne. « Quand le troupeau est dedans, on a l’impression qu’il n’y a que 50 vaches, alors qu’elles sont près du double », note l’un des éleveurs. Il ne fait effectivement que 870 m2, pour regrouper sous un même toit, 105 places de logettes, le local sanitaire et de vêlage, la salle de traite, la laiterie, le bureau et une vingtaine de cases pour les veaux. La luminosité vient à la fois du bardage en tôles perforées et du dôme au faîtage de la toiture.
Les exigences des éleveurs ont conduit à faire des choix pour trouver les bons compromis. Maurice Pincemin résume : « Nous avions dans la tête maîtrise des coûts, confort des animaux, travail et qualité de vie des éleveurs ». Ce qui s’est traduit par un bâtiment sur caillebotis avec logettes et tapis pour les vaches, distribution du maïs en cubes, et une salle de traite 10 postes en simple équipement.
Pas de paillage. L’ensemble du bâtiment est sur une fosse de 1200 m3 avec un système de recirculation du lisier. Un agitateur se met en fonctionnement environ une fois par jour. Il engage le brassage du lisier qui slalome dans les couloirs de la fosse, évitant ainsi les formations de croûtes et diminuant les fermentations et les odeurs.
L’affouragement du troupeau est effectué par cubes avec le système Cornacub (Geoffroy) : auge mobile de 2 fois x 18 places. « C’est ce qui a permis de réduire considérablement la taille du bâtiment, environ 600 m2 (30 mètres de longueur en moins) ». L’autre avantage vu par les éleveurs est au niveau travail d'astreinte. La distribution du maïs (15 à 16 cubes) qui ne doit s’effectuer qu’une fois tous les 5 jours en ration hivernale et une fois tous les 9 jours en ration estivale. Sans oublier que ce système libère de la contrainte de l’alimentation le week-end. La distribution de la complémentation se fait au DAC, trois stations. Ils estiment le gain à 500 heures de tracteurs par an entre paillage et alimentation.
Satisfaction unanime
Le confort des animaux dans le bâtiment est assuré dans des logettes équipées de tapis matelas (très souples). Il s’agit d’un matelas en mousse expansée recouvert d’un tapis de caoutchouc de la gamme Delaval. Du sur mesure, par longueur de travées, pour éviter que des impuretés aillent en dessous. Sur une bande à l’arrière, les éleveurs épandent une fois par jour de la sciure. « Cela facilite le raclage journalier et contribue à avoir des tapis plus propres ».
Le choix pour la traite s’est porté sur une installation en épi 50° de deux fois 10 postes en simple équipement (Delaval). Les bras trayeurs basculent d’un côté à l’autre du quai de traite. Toujours le bon compromis dans la perspective de respecter les coûts, tout en permettant d’avoir une bonne efficacité à la traite. « Il nous faut environ 1 heure 30 le matin, et une heure le soir », souligne Jacques. Les éleveurs expliquent qu’en l’absence d’un chien mécanique, l’un des éleveurs qui, pendant la traite, nettoie les logettes vient pousser certaines vaches. Ce qui évite au trayeur de sortir de la fosse. À noter que dans la conception compacte du bâtiment, l’accès au quai de traite pour les animaux se fait directement de la stabulation, sans un réel parc d’attente.
Les objectifs sont atteints pour les animaux comme pour les éleveurs. Un bâtiment clair dans lequel règne une bonne ambiance, avec des vaches qui affectionnent les logettes. « Un atelier fonctionnel qui offre de bonnes conditions de travail, avec des temps d’astreinte réduits », conclut Hervé. Et tout ceci avec un coût raisonné.
Pierre Dénès
Photo : Le dôme au faîtage et les tôles perforées du bardage contribuent à la luminosité du bâtiment.