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Pondeuses / Nouvel atelier à Saint-Marcel (56) - 30 000 poules en plein air
 

A Saint-Marcel, l'ESAT (Etablissement-service d'aide par le travail) a construit un atelier supplémentaire de 14 200 poules en plein air, en complément d'un autre poulailler de 15 600 poules, construit en 2003. Au total, l'ESAT détient 30 000 poules, sur une surface totale de parcours de 12 ha.
Lors de la réflexion du projet, Hubert Gabard et Jean Pierre Mounier ont retenu plusieurs innovations techniques, en tirant des enseignements de leur expérience du plein air, depuis 2003. Un sas de 2,50 m est installé sur toute la largeur du bâtiment (20 m), avec une partie vitrée. "Cela nous permet de voir les poules, sans entrer dans le lot. Cet équipement nous évite de démonter une partie des chaînes et la bascule, lors du vide sanitaire".


Des perchoirs en bois


Les pondoirs automatiques sont situés au milieu du poulailler sur une semelle de béton, ce qui les protège lors de la vidange des fientes. De chaque côté de ces pondoirs, les poules circulent sur un gisoir de 4 m en béton et une plateforme caillebotis de 5 m. "Lors de la réforme, nous pouvons introduire les containers par les grands portails du poulailler, à l'aide du télescopique, si bien que les employés, éclairés par lumière bleue, peuvent les remplir, sans avoir à marcher en portant les poules". Les conditions de travail ont été privilégiées.
Les fientes sont stockées sous caillebotis pendant la durée du lot. La ventilation statique est réglée manuellement, les poules supportent mieux les variations températures que les poulets. À l'extérieur, une grande plateforme bétonnée avec collecteur d'eau permet de nettoyer le matériel, dans de bonnes conditions sanitaires.


Un cordon sanitaire


Les poules sortent tous les jours à partir de 11 h. Les trappes exposées plein sud sont abritées par une avancée du toit de 2,50 m qui offre l'équivalent d'un jardin d'hiver sur toute la longueur du poulailler (100 m). "Tout autour, un empierrement a été réalisé sur 10 m de large, évitant ainsi la formation de mares d'eau. C'est un cordon sanitaire, précieux dans la réussite du lot", souligne Jean-Pierre Mounier. Le parcours (6 ha pour les 14 200 poules) est ceinturé par une clôture grillagée, enfoncée en terre de 50 cm pour limiter l'introduction des renards. Le coût global du poulailler s'est élevé à 500 000 euros.
Les œufs sont ramassés quotidiennement avec un triage précis et un conditionnement spécifique pointe en bas. Deux personnes collectent les œufs pondus au sol (1 %) et assurent une surveillance des animaux et du fonctionnement du matériel. Globalement, cette production fait travailler 12 personnes de l'Esat. "En poule plein air, les résultats techniques sont inférieurs de 20 œufs par poule, à un élevage en cage. Les poules se déplacent davantage et l'indice de consommation est un peu supérieur, ainsi que le taux de mortalité (objectif 5 à 6 %)", précise Hubert Gabard.


Réactifs et efficaces


La bascule installée dans le sas pèse l'aliment. "Chaque poule peut recevoir une quantité d'aliment au gramme près. Et au retour, les œufs sont également pesés", explique le responsable. "Connaissant les consommations d'aliment et le poids d'œufs, je peux calculer un indice de consommation, chaque semaine, et réagir sur les paramètres d'élevage en cas de problème. Cet équipement nous permet d'être réactifs et efficaces".
Les lots de poules ne sont pas en intégration mais en propriété. Cette activité de l'Esat (8,5 millions d'œufs/an), en contrat avec Nutréa, est commercialisée via un centre de conditionnement de Chartres. Les débouchés sont européens. Les poules devraient se plaire dans l'environnement boisé de Saint Marcel, elles seront bichonnées par les employés, qui en retour retrouvent confiance en eux.

Patrick Bégos


Photo : De droite à gauche, le gisoir béton (4 m), les caillebotis surélevés (5m) et les pondoirs automatiques. On retrouve la même disposition de l'autre côté des pondoirs. Les employés de l'Esat ont réalisé 40 perchoirs en bois de 400 poules, chacun. Ils peuvent réaliser ce type de travail à la demande pour toutes dimensions de perchoirs. 



Des poules qui redonnent confiance

"La production d'œufs à partir de poules plein air répond bien à la demande des consommateurs. Elle correspond également à nos objectifs de travail pour les employés", explique Hubert Gabart, éducateur technique. L'Esat regroupe 55 employés qui "se reconstruisent" en travaillant dans les productions de lait, d'œufs, de cultures et de paysage. "L'animal est un vecteur intéressant dans la thérapie, nous produisons des œufs depuis 25 ans. La production de plein air apporte un plus par rapport à la cage, car les employés sont davantage au contact des poules. Nous devons obtenir les mêmes résultats techniques que les autres exploitations, tout en valorisant les hommes".



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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Décembre 2009
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