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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°10151 |
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Porc / L'espèce est sensible au virus H1N1 - “Un réseau de surveillance nécessaire”
 

 


D'où provient ce nouveau virus H1N1 qui touche l'homme ?



Contrairement à ce que l'on entend, il ne vient pas directement du porc. Il n'y a jamais été isolé avant d'être détecté chez l'Homme. En fait, il est issu de la recombinaison, probablement il y a une dizaine d'années déjà, de plusieurs virus influenza d’origine porcine. Étant réceptif à la fois aux virus aviaires, humains et porcins, le porc est en effet un "creuset" de recombinaison pour des virus d'origines très diverses.


Est-il acquis qu'une personne atteinte par le virus peut contaminer des porcs ?



La réceptivité du porc à ce virus a été très clairement observée. Des cas de maladie ont été identifiés chez des porcs au Canada, en Australie, en Indonésie, au Japon, à Singapour, en Irlande, Norvège et Islande : dans la majorité des cas, l’infection avait été transmise aux porcs par des professionnels atteints de grippe due à ce nouveau virus H1N1. Le porc est particulièrement sensible à cette contamination car il possède un même type de récepteur cellulaire aux virus influenza que l'Homme. Chez les volailles, seules les dindes et les cailles en possèdent aussi. Elles peuvent donc également être réceptives au virus, mais dans une bien moindre mesure que les mammifères.


Concrètement, quel est le risque de voir apparaître le virus H1N1 dans les élevages porcins français ?



Ce risque est élevé et proportionnel au nombre de cas humains. Il est possible que le virus s'implante dans l'espèce porcine, avec un décalage par rapport à l'espèce humaine, mais qu'il y circule de façon prolongée.


L'Afssa recommande donc des mesures de biosécurité à la filière. Lesquelles ?



Il s'agit, dans un premier temps, de respecter les mesures de biosécurité de base : l’hygiène des mains, limiter au maximum les visites de personnes extérieures dans un élevage et, lorsqu'elles sont indispensables, équiper la personne en combinaison, bottes… Il faut y ajouter des mesures de biosécurité spécifiques à ce virus H1N1. Si une personne ou l'éleveur se sent mal (signes pouvant évoquer une grippe), il faut absolument éviter tout contact avec les animaux, ou alors porter un masque. C'est essentiel pour limiter la contamination. Par ailleurs, nous conseillons aux éleveurs de porcs de se vacciner préventivement vis-à-vis du virus H1N1 (ndlr : il n'est néanmoins pas prévu d'attribuer de "bon de vaccination" aux éleveurs en tant que public prioritaire). Cela permettra de protéger les porcs et de limiter les échanges viraux entre espèces.


Cette épidémie peut-elle justement accentuer le risque de voir apparaître de nouveaux virus ?



Cette épidémie en elle-même par rapport aux porcs n’est pas si différente de ce qui a été observé en 1968 (une souche humaine provenant de Hong Kong a infecté la population porcine) et un fait identique a été observé en 1977. Ce qui est nouveau, avec ce virus H1N1, est le fait qu'il s'agisse d'un virus pandémique, classé 6 par l'OMS, et qui se transmet bien au porc. C'est pourquoi l'Afssa recommande aussi la création d'un réseau national d'épidémio-surveillance des virus influenza du porc afin de pouvoir suivre l’évolution des souches de grippe circulant dans cette population. Ce réseau existe déjà en volaille, et il est très important d'en constituer un également en porc.


Quid d'une vaccination des porcs eux-mêmes vis-à-vis du virus H1N1 ?



Il existe un vaccin qui protège les porcs contre les souches Influenza classiques du porc, mais il n'est utilisé que chez les truies, et sa capacité à protéger contre ce nouveau virus pandémique H1N1 est mal connue. Parmi nos recommandations, nous incitons à initier une réflexion sur l’intérêt d’utiliser un vaccin spécifique de ce virus H1N1 chez les porcs. Cela ne pourra pas se faire rapidement, d'où l'importance d'initier cette réflexion le plus tôt possible.

Propos recueillis
par A.-L. Lussou


Photo : Philippe Vannier, directeur de la Santé animale et du Bien-être des animaux à l'Afssa 


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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Décembre 2009
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