
Rien n'a été fait en catimini", affirme Pascal Nizan, à l'issue des huit réunions d'information, organisées par l'association des éleveurs Entremont (AEBEA), à destination des producteurs. "Malgré les intimidations, nous sommes fiers de notre travail. Nous avons interrogé, lors des réunions, plus d'un millier de producteurs". Les réponses sont sans équivoque. 91% des éleveurs, (représentant 977 points de collecte), qui se sont exprimés à bulletin secret, souhaitent quitter Entremont Alliance. "Nous souhaitons travailler avec un industriel, pas avec un financier", résume Ronan Jacques, trésorier de l'association. 80% des éleveurs souhaitent que les discussions avec Sodiaal soient poursuivies. La clause d'exclusivité (négociation entre Entremont et Sodiaal) n'a plus cours depuis mardi dernier. D'autres industriels peuvent faire une offre. 85% des éleveurs le désirent. Pascal Nizan prévient: "Lors des réunions, nous avons été confortés. Les éleveurs nous soutiennent. Il ne doit pas y avoir de droit d'entrée à fonds perdu. S'il doit y avoir une participation des éleveurs, ce doit être un investissement capitalisé. Et ce, quel que soit le repreneur". Les 3,8 euros/1000 litres demandés aux éleveurs, au titre de la restructuration, pendant 7 ans ne passent pas. "Ce point est toujours en discussion".
Pour que le projet présenté par Sodiaal aboutisse, 70% des livreurs à Entremont Alliance devront adhérer à l'offre de la coopérative. Lactalis pourrait désormais entrer dans la danse et faire une autre proposition. L'affaire est loin d'être bouclée. En attendant, les élections au conseil d'administration de l'AEBEA auront lieu le 11 décembre prochain à 14 heures à Josselin au centre socio culturel. Les candidatures doivent parvenir à l'association le 4 décembre au plus tard.
Bernard Laurent
Photo : Les responsables de l'AEBEA invitent les producteurs à l'assemblée générale, le vendredi 11 décembre à Josselin.
Des producteurs contestent le vote
"Des urnes ouvertes, pas de scrutateurs, un dépouillement à l'Africaine. Certains producteurs d'Entremont n'ont même pas eu le droit de voter". Jean Jacques Le Mouël, éleveur, adhérent à l'Apli, fustigeait les responsables de l'AEBEA, lundi dernier à Loudéac, dans l'usine d'Entremont où 150 adhérents de l'Apli, de la Coordination Rurale et de la Confédération Paysanne ont interpellé les responsables d'Entremont Alliance. Les producteurs n'acceptent pas de financer la restructuration de la nouvelle entité Entremont-Sodiaal. Ils souhaitent connaître la position de Lactalis avant que le projet ne soit finalisé. Enfin, la dette de décembre 2008 (300 à 400 euros en moyenne envers chaque producteur), et le prix de fin d'année (décrochage de 19 euros par rapport à l'accord national de juin dernier) insupportent les éleveurs. Appelé à s'expliquer, Jo Lancien, responsable de production d'Entremont, n'a pu les rassurer sur le prix de fin d'année. "La direction ne confirme pas les 19 euros supplémentaires en novembre et décembre 2009. Le règlement de la dette de décembre 2008 sera effectué lorsque l'entreprise fera du résultat". Certainement pas en 2009…