
Cinq exploitations Morbihannaises se sont associées pour créer une unité de naissage collective à Saint-Thuriau. "Créer n'est pas le terme exact", précise Éric Le Petitcorps, l'un des associés. "La maternité existait déjà. Les 450 truies présentes appartenaient à deux des éleveurs". Trois nouveaux associés (un façonneur et deux naisseurs engraisseurs d'une centaine de truies chacun) ont intégré la société. La SCEA de Kerian, adhérente à Porc Armor, a obtenu une autorisation pour un élevage de 820 reproductrices et 75 cochettes, le 5 août dernier. Les cinq exploitations, associées dans le projet, se consacreront, de fait, à l'engraissement des porcelets nés sur le site. "L'économie d'échelle nous permettra de digérer l'investissement de mise aux normes Bien-être". L'objectif est financier. Le projet a aussi un rôle social, environnemental et sanitaire. Les quatre salariés sont spécialisés. Les compétences sont renforcées. La répartition des engraissements sur le territoire permet de gérer l'impact environnemental. L'élevage en multisite assure un sanitaire haut de gamme. Enfin, la transmission de ce genre de structure est probablement plus aisé (vente de parts). "Le projet a reçu un bon accueil dans le secteur. Il n'y a eu aucun problème au cours de l'enquête publique".
Une opportunité
Pour Christelle, Régis et Stéphanie Thomas, en Gaec sur une exploitation de 80 laitières et de 110 truies, le projet constituait une véritable opportunité. "Nous attendions depuis plus de cinq ans. Nos bâtiments porcs étaient anciens et peu fonctionnels. Nous n'avions pas vraiment de plaisir à élever nos porcs. Surtout, la charge de travail était trop importante". L'investissement dans la maternité collective n'est pas beaucoup moins onéreux qu'une rénovation à l'identique de leur propre élevage. "Il faut également prendre en compte le coût de la transformation de notre élevage en engraissements (480 places de post-sevrage et 920 places d'engraissements). Mais nous serons débarrassés de la partie naissage. Nous recevrons des porcelets de qualité (210 tous les mois) et nous aurons plus de temps à consacrer à l'élevage bovin". Les membres du Gaec citent également l'avantage de pouvoir prendre plus de vacances et de week-ends à la grande satisfaction de leurs conjoints travaillant à l'extérieur.
Bernard Laurent
Photo : Les membres des cinq exploitations associées de la maternité collective: EARL Le Petitcorps et EARL Le Roy de St Thuriau, Gaec des 2 sites de Bréhan, EARL Le Gallic de Guénin, Gaec de l'Arz de Plaudren.
Le projet en quelques chiffres
•182 places de maternité
•423 places de gestantes (réfectoires)
•244 places bloquées
•75 places en quarantaine
•12 498 unités d'azote
•358 hectares de plan d'épandage
•21 bandes