Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Maïs | Article n°10127 |
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Maïs / La campagne 2009 se termine - “Bonne en collecte, moins bonne en prix”
 

La campagne maïs-grain 2009 se caractérise par de bons rendements. "Ils seront en moyenne supérieurs à 90 q sec/ha, avec cependant une hétérogénéité selon les secteurs", explique Michel Le Friant, responsable céréales-oléagineux à Caliance. "Ils peuvent varier de 65-75 q sec/ha dans les terres séchantes du sud Bretagne à 130 q/ha dans les marais de Dol et autour de 110 q/ha dans les bonnes terres à céréales". Dans les bassins traditionnels de maïs grain : de Lamballe au nord de l'Ille-et-Vilaine ainsi que de Quimper à Baud, les rendements sont bons.


Bons taux d'humidité


"2009 est aussi une année où les taux d'humidité sont faibles (entre 32 et 33 %), soit 5 points de moins qu'en 2008". C'est important quand on tient compte des frais de séchage à la charge de l'exploitant (en moyenne 22 euros/t, cette année). "Pour un taux d'humidité de 38 %, les frais de séchage s'élèvent à 27 euros/t contre 16 euros/t pour une humidité de 25 %. Ces coûts montrent qu'il est important de ne pas se précipiter pour récolter, mais au contraire d'attendre que le maïs soit bien mûr".
Plus un maïs est humide, plus il "s'abime" dans la moissonneuse et le séchage dégrade encore le grain. "Au contraire, un faible taux d'humidité entraîne moins de séchage, moins de grains cassés, moins de pertes au champ et plus de facilité pour exporter (seuil maxi de 5 % de grains cassés dans le lot)", souligne Michel Le Friant.


Etaler la récolte


Les premiers résultats d'analyses sur la qualité sanitaire sont bons. Cette qualité est liée en partie à l'étalement de la récolte. "Plus la période est longue, moins il y a d'attente au silo et de risques de mycotoxines liés à l'échauffement d'un lot qui aurait séjourné trop longtemps sur une plateforme".
"Pour nous, la récolte s'étalera du 10 octobre à la première semaine de décembre, avec un quota par séchoir, par secteur et par point de collecte". Chaque producteur prend rendez-vous pour une livraison à un jour précis. Ce qui permet d'absorber des volumes importants en maintenant une bonne qualité. Il n'est pas facile de connaître à l'avance les quantités de maïs et de gérer la collecte. "En 2008, Coopagri avait collecté 105 000 t. Nous avions prévu 121 000 t cette année et nous allons atteindre 135 000 t, compte tenu des bons rendements". Pour l'ensemble de Caliance, la collecte dépassera 260 000 t de maïs.


Espoir sur le prix


Cette année, les prix restent bas. Un acompte de 100 euros/t a été versé aux producteurs avec un complément possible en fin de campagne. Le prix actuel rendu Pontivy (autour de 118 à 120 euros/t) correspond à des marchés de dégagement. La situation devrait s'améliorer, les achats à terme se faisant sur la base de 134 euros/t. rendu Pontivy, pour le premier semestre 2010.
De son prix d'acompte, le producteur doit déduire en moyenne 22 euros/t de frais de séchage, ce qui ramène le prix payé à 78 euros/t
(+ une prime fidélité de 4 à 5 euros/t). "La Bretagne est déficitaire en maïs, mais les fabricants vendent moins d'aliment
(- 700 000 à
- 800 000 t en 2009 dont 60 % de céréale). Dans ce contexte, il est essentiel de trouver d'autres débouchés que l'alimentation du bétail".


L'exportation pour libérer du stockage


La collecte totale n'est connue qu'en fin de campagne, il faut pouvoir stocker. "Notre métier est d'optimiser les flux et les coûts de transport". C'est l'intérêt de Caliance (Coopagri, Cam 53, Vegam, Cam 56, Eolys). "Nous disposons de 23 séchoirs en Bretagne, d'où la proximité par rapport aux points de collecte. L'aspect logistique représente 50 % de nos charges opérationnelles". L'autre intérêt de l'association est de disposer de volumes dans des zones proches des ports. Cet atout s'est vérifié, ces dernières semaines, avec l'exportation de maïs au départ des ports de St Malo et de Lorient : 30 000 t de maïs breton sont parties vers l'Irlande, l'Espagne et le Portugal, acheminées par de petits caboteurs de 3 000 à 4 000 t, qui peuvent être chargés en une journée.
En France, la récolte de maïs se situera autour de 12,8 millions de tonnes, contre13,5 millions en 2008. Plusieurs éléments plaident pour des prix bas. 2008 et 2009 ont été 2 années de récoltes importantes, toutes céréales confondues. La récolte américaine pourrait être exceptionnelle, mais elle a pris du retard en raison de l'humidité. À l'inverse, la reprise économique relance la consommation, les prix des autres matières premières commencent à grimper et la spéculation pourrait s'en mêler.

Patrick Bégos


Photo :




  Le blé et l'orge ne décollent pas

Le prix du blé (123 euros/t rendu Rouen et 127 euros/t rendu Pontivy) souffre de la concurrence du maïs. La consommation est au plus bas, au profit de l'orge et du maïs, car il y a peu d'acheteurs. Les perspectives à l'export existent, le blé français est compétitif par rapport à celui de la Mer noire. Les Américains sont avantagés par un cours du dollar faible mais handicapés par l'augmentation du coût du transport (voir ci-contre). Les opérateurs français sont confiants sur des débouchés de proximité. "Nous devons disposer de capacités de stockage conséquentes pour espérer valoriser au mieux les céréales bretonnes, car les cotations ont grimpé de 112 euros/t en septembre à 127 en décembre, soit un écart de 15 euros en 3 mois", déclare M. Le Friant.
En orge, l'intervention est la seule perspective du marché. L'Arabie Saoudite et le Maghreb ont eu de bonnes récoltes. L'origine Mer noire est moins chère que nous d'où des difficultés à exporter de l'orge. Le prix d'intervention (101 euros/t rendu silo) s'applique pour la dernière année en Europe. En colza, le prix rendu fabricant est de 280 euros/t toutes primes incluses. Il est très lié au prix du pétrole et du soja.



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Date de l'article : semaine du N° du 27 Novembre au 3 Décembre 2009
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