Selon une étude économique réalisée par un cabinet conseil pour le quotidien Le Monde, sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires du CAC 40, les 40 plus grandes entreprises françaises cotées, a chuté de 10%. Leurs bénéfices seraient en baisse de près de 6%. Cela, malgré le quadruplement des profits des banques. Paradoxe : selon les analystes, les banques du CAC 40, touchées par la crise financière se relèvent grâce aux profits réalisés sur le montage d’opérations lucratives pour aider les industriels indirectement victimes de cette même crise. Paradoxe aussi : aux USA, les taux d’intérêts sont si bas que les banques peuvent prêter largement et les financiers réinvestir à la bourse de Chicago, sur les marchés de matières premières agricoles, peu risqués. Les fonds détiennent actuellement autant de contrats qu’en juin 2007. Ce qui fait dire aux spécialistes que la hausse des cours constatée depuis quelques semaines sur Chicago est artificielle. Le soufflé devrait retomber. Paradoxe encore : à Rome pour le sommet de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), décidé après les « émeutes de la faim ». La question était celle de l’accroissement de la faim dans le monde. La réponse a été nulle : hormis le président Berlusconi qui accueillait, aucun chef d’État et aucun résultat. Pourtant, l’autonomie alimentaire est possible. En Asie, des pays ont montré l’exemple. L’Afrique est en retard. Les solutions techniques pour développer les cultures vivrières existent mais les écueils sont souvent politiques et locaux. La FAO estime qu’il faut augmenter de 50% les crédits pour nourrir la planète. Et pas seulement dans les 4X4 climatisés pour sillonner les pistes africaines. Un beau challenge pour Luc Guyau, nouvellement élu à la tête du Conseil de la FAO.