
Le bâtiment de 950 m2 n'était plus utilisable, le coût du chauffage était exorbitant avec une consommation de 4 t de gaz par lot de poulets en hiver. Je devais faire un choix pour continuer à produire de la volaille", explique Jean-Luc Le Coz de Plougras. Le jeune éleveur avait 3 solutions : reconstruire à neuf après avoir rasé l'ancien bâtiment, délocaliser sur un autre site ou réaménager l'existant. Lors d’une porte ouverte organisée par la chambre d’agriculture, il a expliqué son choix.
Passage du statique au dynamique
"J'ai choisi la troisième solution (rémanénager l'existant) pour des questions de coût et de gestion de la déconstruction (amiante)". Le bâtiment a été entièrement désossé. "J'ai souhaité équiper ce bâtiment statique d'une ventilation dynamique de type Colorado pour améliorer les performances techniques des lots de poulets". Le lanterneau a été fermé. L'air entrant par les 54 trappes Kan'air montées sur un côté est extrait par les 3 turbines de 40 000 m3/h et 4 ventilateurs de 12 000 m3 /h, sur le côté opposé. Une brumisation haute pression a été installée pour limiter les effets de coups de chaleur et conserver les densités en été. L'ensemble est géré par une régulation Avitouch.
"J'ai refait l'isolation, en ajoutant 30 mm de Recticel sur les 40 mm de Styrodur". Les parois latérales ont été refaites en panneaux sandwich, l'éclairage a été entièrement renouvelé par des ampoules Agrilight à basse consommation. "J'ai remplacé le chauffage en choisissant des radiants plutôt que des aérothermes pour bénéficier du rayonnement de chaleur". Les chaînes d'alimentation et les lignes d'abreuvement ont également été rénovées. L'investissement total s'élève à 104 000 euros, soit environ 50 % d'un investissement à neuf. "Cette rénovation doit me permettre d'obtenir les mêmes résultats que dans un bâtiment neuf", estime Jean-Luc.
Moins de gaz, plus de marges
Trois lots de volailles (poulet standard, export, coquelets) ont été produits depuis la rénovation. S'il est encore prématuré de tirer des conclusions, Jean-Luc Le Coz compare les premiers résultats. Pour ces 3 lots, la consommation de gaz a été réduite de 70 %. La consommation électrique est à peine supérieure, malgré le passage en ventilation dynamique. L'énergie consommée par les ventilateurs et turbines est partiellement compensée par l'économie liée au changement d'ampoules.
La conduite des lots est plus facile, grâce à une meilleure maîtrise de la litière. "Pour une même quantité de paille broyée, ma litière est plus sèche, la ventilation élimine l'excès d'hygrométrie et d'ammoniac". Les performances techniques sont aussi au rendez-vous. "Le lot de poulet export a dégagé une marge PA de 9 euros/m2 au lieu de 6,50 euros dans l'ancien poulailler, grâce aux améliorations de poids et d'indice".
Plus motivant
La conduite des lots est également plus agréable et plus motivante. "Je perdais beaucoup de temps à réparer les pannes de matériel (vis, chaînes d'alimentation, abreuvement, régulation…)", explique Jean-Luc. "Ce temps économisé, je peux maintenant le consacrer à une meilleure surveillance des lots".
"La volaille m'intéresse plus que le lait", confie Jean-Luc. "Pour le moment, l'association lait et volaille me convient bien. Le matin, après un premier tour dans les poulaillers, je passe à la traite et à l'alimentation des vaches. Et je consacre ensuite la fin de matinée (de 10 h à 12 h) au suivi des lots de volailles".
Patrick Bégos
Isolation et étanchéité
Environ 70 % des pertes de chaleur par convection se font pas le plafond, d'où l'intérêt d'une bonne isolation. L'Itavi a estimé les déperditions (en kWh) par la toiture d'un bâtiment de 1 200 m2 pendant un lot de poulets export, en fonction de l'isolation et de la température extérieure. Ainsi, pour une température extérieure moyenne de 4,5 °C (lot d'hiver), la déperdition passe de 4619 kWh avec une très bonne isolation (120 mm de laine de verre + 50 mm de mousse de polyuréthane) à 15 931 kWh pour une isolation avec 40 mm de mousse de polyuréthane, soit un rapport de 1 à 3,5. La consommation de gaz est dans le même rapport (335 kg de propane contre 1 154 kg).
L'étanchéité est importante, notamment sur les sites exposés. Les entrées d'air parasites peuvent provenir des trappes, rideaux, portes et portails. Il est facile d'y remédier par la pose de joints, pour un coût raisonnable. La réfection de l'étanchéité se situe autour de 2 euros/m2.
L'exploitation en bref
• Installation en 1994 avec 2 poulaillers (950 et 600 m2) + 14 ha
• Construction en 1996 d'un poulailler de 1200 m2 et arrêt de 600 m2
• Reprise en 2005 de l'atelier lait (200 000 L) et 35 ha
• L'exploitation comporte actuellement 2 150 m2 de poulaillers, 200 000 L de lait et 62 ha SAU.
Légende : L'éleveur a fait le choix de la ventilation dynamique. L'air entrant par les trappes Kan'air est extrait par des ventilateurs et turbines gérés par une régulation Avitouch en magasin.