
Les modalités de la campagne 2010 contre la FCO sont arrêtées : la vaccination est obligatoire et gratuite. Au final, l'acte de vaccination est donc à réaliser par les vétérinaires, et non par les éleveurs eux-mêmes comme le demandaient précédemment les GDS, mais la satisfaction est tout de même au rendez-vous. "Nous nous félicitons du fait que l'État prenne à sa charge l'acte vaccinal et le vaccin, exprime Jean-François Tréguer, président de l'UB GDS. C'est important, surtout en cette conjoncture tendue."
Si l'État consent cette année cet effort, c'est qu'il s'agit bien d'une démarche d'éradication de la maladie. Autrement dit, à terme, la vaccination pourrait ne plus être nécessaire. À condition que les chiffres demeurent aussi bons qu'actuellement : en 2008, 570 foyers de FCO ont été recensés en Bretagne (contre 26 500 en France), la majorité l'ayant été en Ille-et-Vilaine où le vaccin a tardé à arriver. En 2009, un seul cas a été enregistré (contre 79 en France) à ce jour. "L'objectif fixé par la campagne de vaccination 2009 est pleinement atteint. L'incidence clinique est maîtrisée et le vaccin est efficace", se félicite Patrick Le Provost, directeur de l'UB GDS.
Calendrier serré
Pour la campagne 2010, les vaccinations ont démarré et l'objectif est qu'elles soient achevées avant la reprise de l'activité vectorielle, c'est-à-dire le 30 mars. Seul le déplacement du vétérinaire est à payer par l'éleveur mais la vaccination s'opère dans le cadre d'une de ses visites programmées. Les bovins concernés sont ceux de plus de 2,5 mois, avec des dérogations notamment pour les animaux de moins de 10 mois destinés à la boucherie, les adultes devant faire l'objet d'un rappel alors qu'ils sont destinés à la boucherie peu de temps après, une tolérance de 4 mois étant retenue.
Liberté vaccinale : du nouveau
La nouveauté de l'année réside en la possibilité de demander une dérogation à la vaccination, uniquement pour la totalité du cheptel, qui intéressera les militants pour la liberté vaccinale. Cette dérogation est néanmoins conditionnée au respect d'un ensemble d'éléments non négligeables. "Nous restons dans une logique, explique Thomas Berthe, directeur de la DSV 35. Ceux qui demandent une dérogation doivent prouver que leur élevage est indemne." Ainsi, les éleveurs concernés doivent faire faire une prise de sang sur une partie de leur cheptel (10 à 29 animaux), avec recherche virologique, à leurs frais. En cas de déclaration de foyer, la dérogation devient caduque et la vaccination s'impose. "L'immunité naturelle des animaux n'est pas un moyen de lutte validé dans le cadre réglementé dans lequel nous nous trouvons", justifie Patrick Le Provost. À noter, enfin, que les déclarations d'avortements n'ont pas augmenté en Bretagne depuis la mise en place de la vaccination. 10 à 15 dossiers de pharmacovigilance ont été enregistrés l'année dernière par département.
Anne-Laure Lussou
Légende : Jean-François Tréguer, président de l'UB GDS, Thomas Berthe, directeur de la DSV 35 et Patrick Le Provost, directeur de l'UB GDS se félicitent de la bonne réussite de la campagne 2009, avec 95 % des bovins vaccinés.