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Entremont-Alliance / La solution Sodiaal livrée aux éleveurs
 

Le feuilleton Entremont Alliance n’est pas terminé. L’offre Sodiaal sous-tend une participation financière des éleveurs. Autrement dit, pour entrer dans le giron de la laiterie qui, avec 5 milliards de litres, ambitionne de devenir le 4e ensemble du marché laitier européen, les éleveurs bretons devront jouer les banquiers. Un ticket d’entrée qui pèsera sur les trésoreries déjà fragilisées.


Contribution annoncée de 5,50 euros/1 000 L


Les modalités pratiques ont été présentées par Frédéric Chausson, directeur du développement coopératif de Sodiaal, lors des 8 réunions bretonnes organisées par
AEBEA, association bretonne des livreurs à Entremont Alliance. « La participation sera de 1,7 euro/1 000 litres de capital social plafonné à 4 % du chiffre d’affaires lait au jour de l’entrée dans la coopérative ; + 3,8 euros/1 000 litres au titre de la restructuration pendant 7 ans ». Sans cet effort financier, pas de place au sein de la coopérative, avertit le responsable en rappelant que rien n’est acté.
En effet, au-delà du montage financier, Entremont Alliance n’a pas dit son dernier mot. L’entreprise peut continuer à fonctionner seule. Cette hypothèse est du ressort d’Albert Frère, actionnaire majoritaire d’Entremont Alliance. Une solution dont ne veulent pas les producteurs qui estiment avoir déjà payé 60 millions d’euros au travers du non respect de l’accord interprofessionnel.
Quoi qu’il en soit, l’adhésion éventuelle des producteurs à Sodiaal ne sera pas neutre sur les comptes des agriculteurs. Ainsi, en 7 ans, un producteur à 300 000 litres devrait s’acquitter de quelque 3 600 euros de capital social et de 7 980 euros au titre de l’investissement dans l’outil industriel. Une somme qui pourrait être moindre pour les adhérents d’Unicopa, mais qui fait inévitablement tousser dans les rangs des producteurs.


Gestion des volumes


« Si la performance de l’entreprise est supérieure aux prévisions, le prélèvement pourrait être réduit, voire annulé », tente de rassurer F. Chausson qui met l’accent sur la vocation de Sodiaal à occuper le créneau des produits de grande consommation (PGC). Un marché logiquement plus rémunérateur que les produits industriels largement fabriqués par Entremont Alliance.
Pour Sodiaal, cette entrée au capital de la coopérative devrait se doubler « d’une collaboration intelligente entre les producteurs et la coopérative pour adapter les volumes ». Alors que Sodiaal y voit la solution à un contexte sans quotas, des producteurs imaginent une mainmise de la laiterie sur les droits à produire. « Une contractualisation déguisée », assène un producteur. Un moyen de stabiliser les résultats de l’entreprise et du prix payé aux producteurs répond Frédéric Chausson, indiquant que l’entreprise réfléchit à un quota A (sur la base de 85 % du quota historique + rallonge) payé au prix national et un quota B, optionnel, payé sur la base beurre-poudre.

Didier Le Du




70 % d’adhésion au minimum


Pour que le projet Sodiaal aboutisse, 70 % des livreurs à Entremont Alliance devront adhérer à l’offre de la coopérative, dont les contours financiers pourraient encore évoluer. Sachant qu’il faudra aussi que les 25 banques impliquées dans les différents outils suivent. Sachant aussi que Lactalis vient d’adresser aux éleveurs une lettre d’intention faisant état d’une proposition de reprise dans le cadre interprofessionnel. A suivre…
Pour l’heure, les réunions organisées par l’AEBEA ont montré qu’il existe une frange de producteurs obstinément opposés à au projet Sodiaal. Ils voudraient avoir le choix entre deux propositions. Avec ce risque de faire capoter ce montage proposé aux 4 500 producteurs qui pourraient se faire prendre en étau du fait de l’absence de contre-proposition industrielle. Même s’il existe une garantie de collecte d’une durée minimale de 18 mois (+ 1 mois/année de collecte). Mais avec quelle garantie sur le prix du lait ?



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Date de l'article : semaine du N° du 27 Novembre au 3 Décembre 2009
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