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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°10108 |
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Ille et Vilaine (35)
Dans la réussite d'une transmission / L’anticipation et la motivation du cédant priment
 

Pas facile aujourd'hui de transmettre son exploitation sans qu'elle ne parte à la confortation, souvent légitime, d'exploitations existantes ou à l'agrandissement. Le contexte laitier, le coût des mises aux normes ne facilitent pas les choses. "Les montants de reprise basés sur une valeur patrimoniale non cohérente avec la valeur économique, et le schéma départemental des structures qui atteint vite ses limites en matière d'installation, sont d'autres freins", a évoqué Hélène Amouriaux de l'Adasea 35, lors de l'assemblée générale de l'Adage, le 12 novembre à Cesson-Sévigné.


Cohérence entre valeur de reprise et valeur économique


L'anticipation et la motivation du cédant sont des facteurs essentiels pour la réussite d'une installation. "Les départs précoces et/ou précipités ne permettent pas de laisser le temps à une transmission". Le cédant doit s'accorder une réflexion de 5 ans au minimum avant l'arrêt de son activité. "Une période où il peut continuer à travailler sur la rentabilité et l'autonomie de son outil et le maintenir en bon état. Lors d'un investissement, il peut se poser la question de la transmissibilité. Et au final, il doit être cohérent entre la valeur de reprise et la valeur économique de l'outil". En système herbager, "un accompagnement et une sensibilisation du cédant peuvent être encore plus importants pour transmettre la cohérence du système".
Sur l'exploitation de Michel Senard, en Gaec à 4 associés en Loire-Atlantique, les départs en retraite sont prévus longtemps à l'avance. "Le plafond du capital social repris par ceux qui partent à la retraite est fixé à l'avance : 107 000 euros. Et nous cotisons à une caisse de retraite complémentaire, dans le but d'obtenir une retraite équivalente au Smic", a témoigné Michel Senard, lors du débat organisé par l'Adage. Sur l'exploitation, le futur associé commence par être salarié ou en contrat de parrainage. Au fil du temps, les moyens de production n'ont que peu évolué : 90 ha à la création du Gaec en 1967 contre 104 ha aujourd'hui, 490 000 L de lait en 1970 contre 550 000 aujourd'hui, de 7 à 5 ha de vigne. "Nous en sommes à la deuxième génération d'associés".


Salariée sur l'exploitation avant de s'installer


Pour Joëlle Hazemann, du Gaec de Malabrit en Loire-Atlantique (3 associés, 550 000 L de quota), l'intégration s'est également faite en douceur. Comme le font tous les nouveaux associés du Gaec, elle a travaillé sur l'exploitation (deux ans et demi), avant de s'installer en janvier 2009. "Cela m'a permis d'apprendre le métier. Auparavant, j'étais cartographe. Souhaitant me réorienter, j'ai repris des études : un BTS agricole pour adultes".
La jeune femme apprécie de travailler en système herbager, "cela donne une certaine tranquillité. On a le temps d'accueillir, de former, d'anticiper. On a aussi davantage de temps libre, c'est important pour moi qui ai connu le salariat. Et mon conjoint travaille à l'extérieur", argumente-t-
elle. Son installation a représenté un montant de 172 000 euros, dont 112 000 de coût de reprise et le reste en investissements (tracteur…).
Cyrille Guilloteau a pu réaliser son rêve d'installation grâce à un cédant qui souhaitait transmettre son exploitation familiale à Pancé (35) : 230 000 L, 49 ha accessibles aux vaches autour de la stabulation. La reprise a représenté un montant de 160 000 euros, auquel une mise aux normes de 60 000 euros est ajoutée. Le jeune agriculteur s'inscrit dans un projet de conduite économe. "Nous allons réduire la dizaine d'hectares de maïs actuelle", prévoit-il.
Agnès Cussonneau


Photo : De gauche à droite : Michel Senard, Joëlle Hazemann, Michel Priour (président de l'Adage) et Cyrille Guilloteau, lors du débat de l'Adage, le 12 novembre à Cesson-Sévigné.








20% des installations aidées en individuel

Dans les faits, seulement 20% des installations aidées se font en individuel sur le département. Sur les installations en Gaec, 25% constituent un remplacement seul, 30% se font avec la reprise d'un nouveau siège, 40% avec reprise de moyens de production et 5% avec le développement d'une activité. En EARL, le remplacement pur d'un associé représente 20% des cas. La production laitière concerne 85% des projets (46% sont spécialisés). Et 62% des projets laitiers bénéficient d'attributions supplémentaires, de 69 000 L en moyenne.
La référence moyenne à l'installation est de 246 000 L sur 54 ha en individuel (contre 158 400 L sur 37 ha en 1999), de 567 000 L sur 124 ha en Gaec pour 2,9 associés, et de 369 000 L sur 70 ha en EARL pour 2 associés. Le coût d'une installation individuelle en lait, reprise plus investissements, s'approche de 250 000 euros. Ce montant est majoritairement constitué du cheptel, du matériel et du bâtiment. "Face aux coûts de reprise importants, on observe une tendance en 2008 : la location des bâtiments par les repreneurs, l'achat étant éventuellement reporté", précise Hélène Amouriaux.



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Date de l'article : semaine du N° du 20 au 26 Novembre 2009
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