
Il est parfois reproché à l’agriculture d’engouffrer des montants colossaux d’aides pour l’environnement sans que les résultats soient au rendez-vous. Le Sivoméaq (syndicat d’eau de Quimper) et de la Chambre d’agriculture, qui mènent des actions communes pour améliorer la qualité de l’eau sur le bassin versant du Stéïr, viennent de présenter le bilan de 15 ans d’actions. « La qualité de l’eau s’est améliorée », font observer les différents partenaires. Et de citer les analyses réalisées par Véolia et le Sivoméaq : « Les taux de nitrates sont passés de 40 mg/l en moyenne en 1994 à 31,5 mg/l en moyenne en 2009 ».
Effort conjugué de 250 exploitations
Aujourd’hui, les actions de préservation de la qualité de l’eau se poursuivent sur ce territoire qui couvre près de 14 000 ha réparti entre 250 exploitations (70 % orientées en lait).
Au fil des années, les agriculteurs ont fait évoluer leurs pratiques, que ce soit au niveau fertilisation ou emploi des produits phytosanitaires. La généralisation des plans de fumure permet d’ajuster les apports aux besoins des plantes ; la couverture quasi généralisée des sols en hiver (5 % de sols nus en 2009 contre 17 % en 1988) et la mise en place de bandes enherbées contribuent à limiter la fuite des éléments fertilisants, des molécules phyto et des particules de terre vers les nappes ou les cours d’eau. Le développement du binage sur maïs et légumes contribue à la réduction des doses de produits phyto sur cultures.
En parallèle, la mise aux normes des bâtiments d’élevage qui s’est traduite par un investissement de 7 millions d’euros sur ce bassin versant participe à une meilleure gestion des effluents dans le temps. Avec, à la clé, des périodes d’épandage mieux ajustées aux besoins des cultures : « la bonne dose au bon moment », comme dit le slogan de la Chambre d’agriculture.
Des dynamiques volontaires
À ces évolutions globales s’ajoute l’engagement volontaire d’agriculteurs dans différents programmes d’actions. « 140 agriculteurs classent leurs parcelles selon le risque de ruissellement des produits phyto dans l’eau, soit 7 315 ha de classés, c’est-à-dire la moitié de la surface du bassin versant ».
En 2000, « une dynamique totalement volontaire a débouché sur la création de l’association « Plogonnec Bocage ». C’est ainsi que 17 km de haies ont été plantés dont 7 km sur talus. Aujourd’hui, l’opération Breizh Bocage prend le relais sur Briec et Landrévarzec. Vingt-quatre agriculteurs ont un projet de talus sur 13 km concernant une surface de 1 800 ha.
Mais le chantier de la reconquête de la qualité de l’eau n’est pas terminé. D’autres projets sont dans les tuyaux, comme la gestion des zones humides.
Didier Le Du
Photo : Lundi, le Sivoméaq et la Chambre d'agriculture ont présenté le bilan de 15 ans d’actions sur le bassin versant du Steïr.