
Pourquoi une journée départementale ?
La section laitière travaille toute l’année. Il est normal de faire le bilan avec ceux qui nous font confiance. De plus, l’année 2009 a été particulièrement animée avec des dossiers brûlants : le prix, le dossier Entremont Alliance, le mouvement de colère d’un certain nombre de producteurs. Il s’agit aussi au travers d’un débat avec les différents acteurs de confronter les visions d’avenir de la filière laitière.
Le prix reste une préoccupation forte et immédiate du terrain ?
L’année 2009 a été très difficile à gérer. Une situation catastrophique dont la cause n’incombe pas aux producteurs, ni même aux transformateurs. Toute la filière a subi les effets de l’abandon des outils de gestion de marché par la commission européenne.
Concrètement, l’accord du 3 juin, bien que pas satisfaisant, a cependant permis d’éviter que le prix ne se dégrade encore plus. Il suffit de constater les prix pratiqués par nos voisins européens pour s’en persuader. Nous avons eu aussi à subir la situation particulière d’Entremont Alliance. Ce dossier reste sensible et nous mettons tout en œuvre pour que sur le dernier trimestre, l’entreprise respecte l’accord.
Pour les mois à venir, et notamment 2010, nous attendons bien sûr des prix plus soutenus. La tendance des indicateurs de valorisation des produits industriels s’est inversée depuis juillet. Ce qui nous conforte dans nos revendications, car nous savons que ce sont toujours les marchés qui feront les prix.
Des marchés qui restent instables faute d’une véritable régulation ?
Effectivement, et c’est pour cela que nos organisations nationales travaillent depuis de longs mois pour obtenir des outils de régulation. Ils doivent permettre à la fois une meilleure adéquation de l’offre et de la demande et une plus grande réactivité. Ainsi, nous avons tous acté au printemps (producteurs, transformateurs et pouvoirs publics) ce que l’on appelle le double zéro (zéro prêt de quota, gel du 1 % européen). A l’époque les stocks étaient importants et la consommation mondiale atone. La tendance est aujourd’hui inverse avec une sécheresse en Océanie et Argentine et une relance de la demande notamment de pays émergents (Moyen-Orient, Chine, Inde). C’est la raison pour laquelle nous souhaitons voir libérer au moins une partie des allocations provisoires de fin de campagne pour préparer une année 2010 avec des marchés plus porteurs. Une demande d’autant plus justifiée que la France risque d’arriver en fin de campagne en sous-réalisation de près de 8%, et que des pays du Nord de l’Europe sont en forts dépassements. Les producteurs français ne peuvent pas être la variable d’ajustement du marché européen, et ne pas avoir ni le prix, ni les volumes.
Autre débat, la contractualisation, un sujet tabou ?
Non, même si nous préférons parler de nouvelles relations entre producteurs et transformateurs. Il ne faut cependant pas bercer les producteurs d’illusions : la fin des quotas est actée pour 2015. Et si nous ne proposons rien, cela se fera sans nous, la pire des situations.
Cependant nous estimons que la contractualisation ne peut s’entendre qu’au travers d’un contrat lait spécifique. Par ailleurs, il ne peut, selon nous, y avoir une contractualisation individuelle sans une organisation de producteurs forte. Le contrat producteur/transformateur doit s’intégrer dans le cadre d’un contrat collectif défini au sein de l’interprofession. Les grandes orientations pourraient d’ailleurs trouver leur place dans la nouvelle loi de modernisation agricole.
Propos recueillis par Pierre Dénès
Photo : Ronan Le Denmat, Yves Bazy et Hervé Moël, responsables de la section lait FDSEA/JA font le point avant le rassemblement des producteurs le 2 décembre.
Réunion de 10h à 13h30 à la salle Kastell d’ô d’Uzel
Au programme
• « La vision européenne de la production laitière » par Etienne Fabrègue, Animateur FNPL
• Confrontation de deux visions, celle des transformateurs et celle des producteurs, quant à l’organisation de la filière et quant aux nouvelles relations entre producteurs et entreprises ave c Dominique Chargé – Vice-Président de la Fédération Nationale des Coopératives Laitières, Serge Le Doaré – Administrateur finistérien de la FNPL et un responsable Jeunes Agriculteurs lait national.
• Rôles, missions du Cniel
• Conclusion des travaux par le Président de la FDSEA 22
• Repas
Inscriptions et renseignements avant le jeudi 26 novembre auprès de : FDSEA 22 – Magalie Meignant – Tél : 02.96.79.22.35 Mail : magalie.meignant@fdsea22.fr