
Il ne faut pas envisager la question de l'énergie par la loupiotte "parcelle de mon exploitation" : il faut la regarder à l'échelle du territoire, voire du monde. Tel était le message du spécialiste du climat Arthur Riedacker, invité au Forum régional énergie de l'Ademe, la Région et la Chambre régionale d'agriculture, mardi 17 à Noyal Pontivy. Anciennement membre de la Mission interministérielle de l'effet de serre, Arthur Riedacker continue ses travaux aux titres de l'Inra et du Giec.
Efforts considérables
"Les efforts à faire sont considérables : Kyoto ne nous imposait rien, le 3ème rapport du Giec, en 2009, nous impose de réduire de moitié les émissions mondiales de GES (gaz à effet de serre) d'ici 2050", a rappelé l'intervenant. Pour l'UE, cela revient à diminuer les émissions de 3 % par an. Pour la Bretagne, un bilan énergétique est en cours. Mais d'ores et déjà l'on sait qu'avec notre forte dépendance énergétique, les efforts à faire seront de taille en terme de production mais aussi et avant tout d'économie d'énergie.
Question d'optimisation
Pour Arthur Riedacker, l'énergie fossile à économiser ne doit pas l'être, en premier lieu, du côté des cultures, car ces dernières sont des convertisseurs d'énergie solaire. L'important, en revanche, est d'optimiser leur rendement partout où elles sont implantées, en utilisant les pesticides à la bonne dose. Le fameux concept d'agriculture éco productive, en somme. Côté productions animales, l'idée n'est pas non plus de désintensifier, mais par exemple d'introduire des légumineuses comme la luzerne car elle permet de réduire la production de méthane des ruminants. Et, toujours, d'optimiser la production de ces ruminants, même s'il faut faire venir du soja du Brésil pour ce faire. Tout est une question d'équilibre mondial.
Anne-Laure Lussou
Photo : Ancien directeur de recherche à l'Inra, Arthur Riedacker continue ses travaux au titre du Giec. Il sera en décembre prochain à Copenhague pour le Sommet de l'Onu sur le climat.
Un nouveau diagnostic énergie
Le Forum Energie a également été l'occasion de présenter les différents diagnostics énergie disponibles aux agriculteurs. Leur objectif est de chiffrer les entrées et sorties d'énergie, à l'échelle de l'exploitation, afin de pointer les économies à faire. Un nouveau venu fera bientôt son entrée dans ce cadre : le diagnostic "Dia'terre", créé en partenariat par l'Ademe, le ministère de l'Agriculture, Solagro, l'APCA, l'Inra, les organisations professionnelles verra le jour en 2010. Il chiffrera les consommations d'énergie directes et indirectes de l'exploitation, ainsi que ses émissions de GES.