
Répondant à un mot d’ordre national, les éleveurs bovins et ovins récalcitrants à la vaccination FCO ont de nouveau manifesté leur mécontentement notamment devant les DSV.
Ce nouveau mouvement fait suite à l’annonce faite par le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire d’une vaccination 2010 obligatoire avec une prise en charge par l’Etat de l’achat des vaccins et du paiement de l’acte vétérinaire. Une somme évaluée à 98 millions d’euros.
Cette annonce est intervenue alors que le collectif pour la liberté vaccinale menait des actions auprès des DSV qui avaient mis en demeure des éleveurs de régulariser leur situation 2009, c’est-à-dire de vacciner sous peine de procédure judiciaire.
Les éleveurs du collectif continuent d’argumenter sur le fait que, pour le moment, l’Afssa ne se serait pas prononcé sur les rôles respectifs de la vaccination et de l’immunité naturelle dans la protection acquise par les troupeaux. Ils soulignent en outre « qu’il existe 24 sérotypes différents et qu’aucun des pays où elle est apparue n’a pu l’éradiquer ». Jugeant que l’impact clinique limité et maîtrisable de la FCO démontre d’ailleurs l’inutilité de cette politique.
Ils demandent le déclassement de la FCO de la liste des maladies réputées contagieuses et exigent que la vaccination contre la FCO soit facultative.
Les réserves du bassin allaitant
Le mouvement de grogne face au dispositif de vaccination a aussi été relayé par un certain nombre de responsables du Bassin Allaitant (Centre et Sud de la France). Ils jugent peu réaliste l’objectif d’éradication en l’absence d’une politique concertée au niveau européen, mettent en cause la vaccination exclusive par les vétérinaires et estime que la date butoir annoncée pour la prise en charge est inadaptée.
Ces responsables rappellent également la position de la Fédération nationale des GDS qui proposait une vaccination volontaire du cheptel de souche, réalisée par les éleveurs et une vaccination certifiée pour les échanges, réalisée par les vétérinaires. En déplorant que ces propositions n’aient pas été suivies.
Pierre Dénès
Photo : A la DSV des Côtes d’Armor, une trentaine d’éleveurs se sont expliqués dans un premier temps avec Christelle Marie, directrice adjointe, puis avec Jean-Charles Quintard, directeur.