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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Bovins Viande | Article n°10093 |
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VEAU DE BOUCHERIE / Gwénaëlle et Michel travaillent en libre - "Ré-apprendre à être gestionnaire"
 

Le changement de système ne s'est pas fait sans crainte, reconnaît Gwénaëlle Delacroix, de Bédée (35).  Il a fallu oser changer. Mais nous ne regrettons pas d'être passé en libre." Un constat partagé par Gwénaëlle et son mari Michel, éleveur laitier, leurs deux exploitations ayant été réunies en une. Désormais, il s'agit d'une EARL à 3 UTH : Michel, Gwénaëlle et sa mère Yvette.


Le Dal pour une question de travail


À la base, lorsqu'elle s'installe sur l'exploitation familiale, en 2003, Gwénaëlle choisit l'activité veaux de boucherie par goût pour la production. Créé de toute pièce, l'atelier comptera 200 places. Pour une question d'organisation du travail (elle souhaitait pouvoir faire la traite), l'éleveur opte pour un système Dal. Un point qui aura son influence, cinq ans plus tard. "En 2008, Sofivo a arrêté le veau de boucherie. Comme nous travaillions au Dal, peu d'intégrateurs se sont avérés intéressés par notre système d'élevage. Or le bâtiment était tout neuf, on se voyait difficilement ré investir dans des cases. Au final, c'est Sofivo, dans le cadre de son protocole d'accompagnement, qui nous a fait connaître la Coopeva." Une nouvelle bienvenue, pour les éleveurs. La rencontre de l'équipe de la coopérative de Saint-Thégonnec (le bureau et les deux salariés, Katell Guizien et Jocelyn Prigent) les a, alors, convaincus d'adhérer. "Nous avons été rassurés par leur contact, indique Michel Delacroix. On a senti qu'il y avait une équipe derrière nous."


Remise à plat


Car passer du système intégré au système libre ne s'improvise pas. "Nous avons dû nous remettre en question, témoignent les exploitants. Il a fallu reprendre les choses une à une." La première d'entre elles aura été de mieux ventiler le bâtiment (avec une entrée d'air par sa partie inférieure), afin de mettre un terme à des problèmes pulmonaires à répétition. Aujourd'hui, la mortalité atteint 2 % au sein de l'élevage. Ce dernier compte deux lots de 100 veaux de 2 âges différents en permanence, ce qui permet d'étaler les entrées et sorties de veaux ainsi que les besoins en trésorerie.
Lorsqu'ils arrivent, à 15 jours – 3 semaines, les veaux ont été choisis par les techniciens de la Coopeva, qui fixent également un planning de sortie. C'est ensuite aux éleveurs, avec les conseils de leur technicien, de faire les choix d'alimentation. "Nous pouvons être amenés à revoir la composition de l'aliment lacté en fonction des prix des matières premières et des veaux, à réajuster la dose de granulé floconné... Si le cours de la poudre flambe, on peut aussi en stocker davantage, listent-ils. En fait, on ré-apprend à être des gestionnaires."


Deux phases


Les éleveurs disposent, pour leur démarrage, d'un système d'identification des veaux. Du 1er au 70ème jour, les veaux sont identifiés, ce qui permet de surveiller de près leur consommation. Objectif : les habituer à boire régulièrement, et former leur "charpente". À 70 jours, les veaux passent dans la seconde salle, où ils ne sont plus identifiés. Mais ils ont déjà acquis leur cadence de consommation. Le but est alors de les finir. Et, au bout du compte, de dégager une marge : "désormais nous fonctionnons sans filet. Lorsqu'une bande commence, rien n'est écrit. Nous devons donc être attentifs à tous les détails." Le fait de travailler avec la
Coopeva coûte aux éleveurs 7,90 euros / veau sorti pour le fonctionnement de la coopérative, 7,25 euros / veau pour la caisse de péréquation (et non de régulation) et 0,50 euro / veau pour la garantie de paiement. Mais ils ont fait leurs comptes : "financièrement, nous nous y retrouvons, assurent-ils. Pas de regret."

Anne-Laure Lussou


 






Coopeva : un accompagnement constant


Créée il y a plus de 20 ans, la Coopeva fonctionne en structure réduite : un Conseil d'administration et deux salariés. Pour autant, l'accompagnement des éleveurs est constant. "Nous passons environ tous les 15 jours, explique Jocelyn Prigent, qui conseille Gwénaëlle et Michel Delacroix. Par ailleurs, nous organisons des réunions entre les éleveurs qui le souhaitent, avec comparatif de performances, afin de tirer les résultats toujours vers le haut."
La Coopeva, pour le compte des éleveurs, assure la mise en place des veaux de 8 jours (tri, négociation des prix), et la négociation des tarifs des aliments lactés et solides, chaque mois, avec différents fournisseurs. Tous les vendredis, environ 380 veaux gras sont négociés vers différents abattoirs en fonction de leurs besoins en quantité et qualité. En terme d'effectif, l'objectif de la coopéra-tive est de fournir environ 20 000 veaux par an, soit un peu plus qu'aujourd'hui, mais ce qui est possible compte tenu du nombre de places dont disposent actuellement les adhérents de la structure.



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Date de l'article : semaine du N° du 20 au 26 Novembre 2009
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