La situation économique délicate du moment tient en éveil les conseilleurs. Et l’on peut comprendre qu’aujourd’hui, tout entrepreneur, qu’il soit agriculteur, artisan ou commerçant soit particulièrement réceptif aux solutions qui lui sont suggérées. Notre agriculture est particulièrement riche de son encadrement technique. Depuis 50 ans, c’est sur lui que s’est construit le développement du secteur agricole. En Bretagne avec des spécialistes pour faire écho à la spécialisation des producteurs. Et aujourd’hui encore pour chaque question posée, il y a une réponse qui s’appuie sur des études ou des expérimentations. Faut-il faire de l’extensif ou de l’intensif ? adopter telle ou telle salle de traite ? robot ou pas robot ? sans labour ou charrue ? on pourrait ainsi noircir la page de questions avec, en face, les réponses. Mais le risque pour l’agriculteur, c’est de s’en remettre, sans compter, sur un conseil trop partiel qui ne prendrait en compte qu’une partie de l’activité. Car l’exploitation agricole est un système complexe dont l’équilibre est bouleversé à chaque fois qu’un facteur de production est modifié tant les relations sont interdépendantes entre l’organisation du travail, les questions agronomiques, environnementales, sociales ou tout simplement, et d’abord, le choix de vie de l’exploitant et de sa famille. Cette analyse systémique de l’exploitation, qui demande à prendre en compte l’incidence d’un changement sur le fonctionnement de l’exploitation vue dans son ensemble, au final, c’est le chef d’exploitation qui est le mieux placé pour la réaliser. Et ceux qui ont les meilleurs résultats sont ceux qui intuitivement savent faire l’analyse globale de leur exploitation, à partir de conseils partiels. Question de bon sens... paysan.