L’environnement, un dossier sensible et polémique en Bretagne. L’agriculture bretonne est montrée du doigt après avoir été de nombreuses années, citée en modèle de développement économique. L’agriculture conventionnelle est diabolisée. Peu de projets collectifs pour réduire ou traiter les pollutions, aboutissent, se heurtant à des oppositions. Et il n’y a qu’à parcourir les courriers des lecteurs de nos quotidiens ou leurs sites internet pour s’apercevoir de la rancœur de certains lecteurs vis-à-vis de notre agriculture. Souvent proportionnelle au degré de méconnaissance du métier et au simplisme des raisonnements. Ce qui à long terme pourrait avoir comme effet d’isoler les agriculteurs de la société. Ces dernières semaines, ce sont les marées vertes qui ont cristallisé les positions extrêmes. L’attribution aux algues vertes du décès d’un employé qui en assurait le ramassage, finalement démentie par les autorités judiciaires s’appuyant sur l’autopsie, est révélatrice de la nécessité de mesure et de recul dans les messages diffusés. De la même manière, il est difficile d’entendre ceux qui nient totalement le rôle des nitrates dans le phénomène des marées vertes même si l’agriculture n’en est pas la seule cause. Mais c’est en valorisant davantage les actions en place dans les bassins versants, les progrès réalisés et en ouvrant des perspectives aux agriculteurs que la bataille sera gagnée. Sûrement pas en désignant ceux qui sont dans l’axe du mal ou du bien, ceux qui sont bons ou mauvais. « Les individus et les peuples résistent aux informations qui les dérangent et veulent pouvoir donner leur vision du monde » écrit Dominique Wolton*, théoricien de la communication.
*Informer, n’est pas communiquer
D. Wolton – CNRS Éditions