
L'objectif du Département est une couverture maximale du territoire en internet haut et très haut débit, explique Alain Lozac'h, chef de projet Côtes d'Armor numérique au Conseil général. Le déploiement de la technologie est en cours sur l'ensemble du territoire avec, en première zone prévue pour être couverte, le sud du département. Cela devrait être le cas pour l'été 2010." Viendront ensuite le Nord – Est, le pourtour de Saint-Brieuc (Pordic – Ploeuc, Ploufragan - Plédran) puis le Nord – Ouest du départemental. La technologie choisie, dans ce cadre, est le Wimax, qui s'adresse aux zones ne pouvant être dotées d'infrastructure téléphonique filaire exploitable. Le Wimax consiste en l'installation d'antennes procurant des débits internet de plusieurs dizaines de mégabits/seconde sur une zone de couverture de quelques dizaines de kilomètres au maximum.
Concertation
En parallèle du choix de technologies réalisé par le Conseil général, une discussion entre organismes agricoles a été initiée, il y a quelques temps, par la Chambre d'agriculture, soucieuse d'améliorer la situation en zones rurales. De cette concertation a découlé l'idée d'organiser des réunions d'information, sur le territoire, à partir du 3 décembre (lire ci-après). Objectif : montrer ce qu'il est possible de faire avec internet, le minitel devenant peu à peu obsolète. Au programme de ces réunions, quatre ateliers : "recevoir", animé par West Telecom et le Conseil Général; "s’équiper", animé par Weelogic; "se former", animé par la Chambre d'agriculture; et enfin "utiliser", animé conjointement par le Contrôle laitier, le CER, la MSA, COGEDIS, les GDS…
De l'attente
Si, pour certains agriculteurs, l'internet à haut débit n'est pas une priorité, pour d'autres elle l'est depuis un certain temps déjà, d'où une pointe d'impatience. C'est notamment le cas pour l’éleveur EARL Orchidée, à Dolo. Situé en zone blanche, l’exploitant ne dispose pas d'internet. "Nos trois enfants ont 17, 13 et 6 ans et pour l'école, ils en ont très souvent besoin. C'est très handicapant de ne pas l'avoir !, témoigne Colette Bazin, l'épouse de l'agriculteur. Il m'arrive de venir, durant le week-end, sur mon lieu de travail avec mes enfants pour qu'ils puissent consulter internet : soit 50 km aller-retour." Pour la gestion de l'exploitation aussi, l'absence d'internet est pénalisante. "Les résultats de pesée Uniporc sont consultables immédiatement sur internet. Pour notre part, nous les recevons par courrier, huit jours plus tard… En matière de rentabilité, on peut nettement mieux faire. Pour une bonne gestion, il faut utiliser d’autres moyens pour obtenir ses résultats au plus vite. De même, pour la comptabilité et le suivi des comptes bancaires, et bien d’autres activités, il faut régulièrement se déplacer. Nous comptons vivement sur l’installation du Wimax pour notre confort de vie. Et si toutefois, quelques zones blanches ne pouvaient être desservies par cette nouvelle installation, nous espérons que le Conseil général puisse trouver une autre solution (récepteur-émetteur à partir d’un autre pylône, satellite, etc …)."
Partenaires impliqués
Pour l'heure, les partenaires comptent sensibiliser sur l'intérêt d'utiliser les services du web. À la MSA par exemple, toute une série de services, gratuits, y est proposée depuis plusieurs années déjà. "Il est possible de consulter en ligne ce qui concerne les paiements, les retraites, faire des déclarations…, liste Didier Le Bris, du service communication. Cette manière de faire permet une très grande rapidité d'exécution. Les services sont disponibles 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Et cela évite de se déplacer." Sur les Côtes d'Armor, à ce jour, 7700 particuliers et entreprises sont inscrits pour les services en ligne de la MSA. Il existe encore une importante marge de progression.
Anne-Laure Lussou
Photo : Les différents partenaires (MSA, Contrôle laitier, CER, Conseil général…) du projet animé par la Chambre d'agriculture des Côtes d'Armor.