
S'ils restent en surface, les résidus de culture sont la principale source de contamination en fusariose pour la céréale qui suit, d'où l'intérêt d'enfouir les pailles en profondeur et de favoriser leur décomposition pour limiter les risques. Le labour est la technique la plus efficace avec un réglage de la charrue qui limite ces résidus. À défaut, le broyage après récolte, couplé à un enfouissement systématique par un outil de travail du sol sont indispensables pour limiter le potentiel infectieux. Cette technique donne des résultats proches du labour.
En effet, broyer finement les résidus permet de détruire les supports sur lesquels se développeront les champignons qui contamineront les blés ou maïs suivants, en particulier les fusarioses, à l'origine des mycotoxines (DON). L'incorporation rapide dans le sol améliore la vitesse de décomposition. Cela se traduit, le plus souvent, par un premier broyage sous bec cueilleur du maïs grain, suivi d'un deuxième broyage avec un broyeur, puis d'un passage de déchaumeur. Le broyage sous bec est souvent insuffisant, ce qui explique la nécessité d'un second broyage après récolte.
Des avantages agronomiques associés
Mélangés à la terre, les résidus se dégradent et piègent l'azote. C'est donc un moyen efficace pour piéger les nitrates (20 à 30 unités ou plus). En succession maïs-maïs, le broyage fin, le mélange superficiel avec mulchage sont à mettre en œuvre dans le cadre de la directive nitrates.
Les larves de pyrale créent des blessures sur les épis qui sont des portes d'entrée pour fusarium monoliforme, qui produit des fumonisines. Le broyage des résidus permet également de détruire les larves de pyrale ou de les exposer aux prédateurs et parasites. Un broyage seul a une efficacité de 50 à 70 %. Un passage complémentaire de cover crop porte régulièrement l'effet au-delà de 70 %. Enfin, le broyage fin permet de limiter les supports d'helminthosporiose, à l'origine de nouvelles contaminations au printemps suivant.
Patrick Bégos
(Source Arvalis)
Adapter le choix variétal
Après maïs grain, on choisira des variétés de blé parmi les moins sensibles à la fusariose et à l'accumulation de DON et plus particulièrement en non-labour où on excluera systématiquement les variétés sensibles comme PR2R58, Royssac, Garcia ou Autan. En effet, en cas de climat humide à la floraison, il sera illusoire de compter uniquement sur la protection fongicide dont l'efficacité n'est que partielle, pour maîtriser la fusariose.
Légende : Les cannes de maïs non-broyées constituent un support pour les champignons, en particulier les fusarioses.