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François Guillas à Noyal-Muzillac (56) - "La Cuma a conforté mon installation"
 

Au 1er octobre 2006, François Guillas s'est installé à Noyal-Muzillac, prenant la succession de ses anciens maîtres de stage. "Après mon BTS à La Touche, j'ai été salarié pendant 6 mois au Sérémor, puis en contrat de parrainage sur l'exploitation", explique le jeune agriculteur. "Les travaux de cultures, ce n'est pas ma passion". Il préfère s'occuper des laitières (230 000 L), des génisses et des lapins (163 cages-mères). "Je suis avant tout éleveur. Sur cette exploitation, l'idéal serait d'avoir 1,5 UTH. Or je suis seul, ma compagne travaille à l'extérieur. Il a fallu faire des choix".
François a repris le matériel : un tracteur de 85 cv (8 ans aujourd'hui), la charrue, le combiné, la désileuse, la pailleuse ainsi que 2 tracteurs anciens pour l'élevage. "La première année, les cédants m'ont donné un coup de main, pour la mise en culture. Puis en septembre, s'est posé le problème de l'ensilage". Que faire ? "J'ai fait le choix de la Cuma "La Liberté" de Noyal-Muzillac pour l'ensilage puis les travaux délégués ont augmenté progressivement". Cette Cuma avec tracteurs (2,5 chauffeurs) peut réaliser le semis, la récolte, la pulvérisation, le pressage, l'épandage...


À temps et bien fait


"Les travaux sont effectués à temps, c'est le premier intérêt", poursuit François. "Le semis de maïs est réalisé en un seul passage alors qu'avec mon matériel, j'aurais dû passer trois fois, avec le risque de rallonger les délais". Les travaux sont effectués avec des matériels, à grand débit de chantier, performants, entretenus et renouvelés régulièrement. "Je n'ai pas le souci des pannes éventuelles. Les relations avec les chauffeurs sont basées sur la confiance. Ils connaissent bien les parcelles et peuvent anticiper certains travaux".
"C'est, en plus, un travail bien fait". Ainsi, le désherbage du maïs est effectué, tôt le matin, par le chauffeur de la Cuma. En bonnes conditions de température et d'hygrométrie, le traitement est efficace. "Pendant ce temps, je suis à la traite. Je ne pourrais pas assurer le désherbage avec la même efficacité". Le tracteur est équipé de GPS, ce qui apporte de la précision dans les travaux et des économies de semences et de produits phytos.


Plus de lait


"Le temps dégagé, je le consacre à l'élevage". Les performances techniques ont été améliorées dans les deux productions. "Sans délégation, je n'aurais pas obtenu un tel niveau de productivité. Pour être bon, il faut passer du temps". La Cuma permet aussi des échanges avec les autres agriculteurs, notamment sur les nouvelles pratiques.
Le coût est aussi un atout. "Ma facture globale de Cuma s'élève à 7 600 euros/an (semis partiel des cultures, ensilage, moisson, pressage, épandage…). Si j'avais dû acheter un tracteur de 110 cv. Il m'aurait coûté 7 430 euros/an avec l'entretien, le carburant, sans la main-d'œuvre". Pour la même somme, le travail est réalisé. Malgré tout, François est confronté au renouvellement de son tracteur de 8 ans. "J'ai besoin, tous les jours, d'un tracteur de 85-90 cv, fiable, pour le chargeur et les autres travaux". Sa puissance et son coût seront néanmoins inférieurs par rapport à une mécanisation globale individuelle.

Patrick Bégos


Photo : François Guillas, (au centre) a choisi la Cuma "La Liberté" pour ses travaux de cultures (ici devant le pulvérisateur de 24 m avec GPS). Les relations avec les chauffeurs (Stéphane à gauche et Grégory) sont basées sur la confiance.   



Moins cher, main-d'œuvre incluse

Dans le Morbihan, 70 Cuma possèdent des tracteurs, dont 51 avec chauffeur. Une étude Mécagest, dans une exploitation de 120 ha, a permis de comparer une solution de renouvellement de tracteur (120-130 cv) à titre individuel, avec changement de la charrue et du pulvérisateur à une stratégie d'équipement en groupe. En individuel, la charge moyenne de mécanisation s'élevait à 432 euros/ha alors que la stratégie collective (épandage, préparation de sol et semis, pulvérisation, récolte et transport) coûtait 379 euros/ha,
main-d'œuvre incluse.



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Date de l'article : semaine du N° du 13 au 19 Novembre 2009
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