
Le Smega a repris en 2008 les activités environnementales des deux syndicats (SM Côte de Goëlo et SIATrieux). L’action bocage s’intègre dans la problématique de protection de l’eau. « L’objectif est de créer les conditions pour limiter les fuites de nitrates ou de produits phytosanitaires vers les cours d ‘eau, ainsi que d’éviter l’érosion des sols », explique Guillaume Jouan, responsable de la cellule bocage et zone humide.
Le constat est assez alarmant puisque, le linéaire de haies et talus a été divisé par deux en 50 ans. Une majorité des pertes entre 1952 et 1978, lors des « grands » remembrements. Une tendance à l’arasement qui se poursuit entre 1998 et 2003. « Mais, précise Guillaume Jouan, la diminution du bocage ne peut être imputée aux seuls agriculteurs ». Il cite également des élargissements de route, la mise en place de nombreuses zones artisanales ou industrielles.
Pas de lien entre densité et état
Sur la zone du Smega, des actions ont été conduites depuis déjà plusieurs années. « Cela a permis, par exemple, la reconstitution de près de 180 km de talus depuis 2002 ». Une démarche qui se poursuit en s’appuyant désormais sur une synthèse des diagnostics du réseau bocager avec donc un ciblage plus précis. Cette synthèse met en évidence un linéaire un peu supérieur à 100 mètres par ha et des disparités avec des zones supérieures à 130 mètres linéaires par ha et d’autres à moins de 50 mètres linéaires par ha.
Ces données peuvent aussi cacher des particularités. « Ainsi, explique Guillaume Jouan, sur des communes côtières et légumières on peut trouver des linéaires plus importants, mais avec un pourcentage conséquent de talus nus ». De même, l’existant n’est pas toujours en bon état, ni convenablement entretenu pour permettre aux talus ou haies de se régénérer correctement. Quelques chiffres illustrent ce constat sur les 80 communes du Smega : 46 % de haies pleines, 11 % de talus nus, 19 % de haies à renforcer, 24 % de haies dégradées. « Il n’y a donc pas de lien entre la densité bocagère et l’état qualitatif du bocage ».
Entretien et valorisation
Le Smega s’est donc fixé, par commune, des objectifs et des priorités à concrétiser au fil des années en tenant compte des possibilités de financements. Ils prennent aussi en considération le caractère sensible des différentes zones, à proximité de cours d’eau, de la topographie des sites …
La démarche se veut donc pragmatique en intégrant l’ensemble des paramètres et surtout en allant vers les acteurs du territoire, notamment les agriculteurs. « A partir d’un état des lieux nous pouvons les conseiller et les accompagner. Pas seulement dans la construction de talus ou de haies, mais aussi pour régénérer l’existant par du regarnissage et pour l’entretien ». Outres les conséquences bénéfiques sur la protection de l’eau, les techniciens mettent en évidence les intérêts pour les agriculteurs : protection des terres moins soumises à l’érosion, protection des cheptels et des cultures face aux aléas climatiques.
La valorisation est une autre préoccupation du Smega. « L’objectif est de pouvoir initier une filière qui permette au minimum de valoriser le travail réalisé par l’agriculteur dans l’entretien des haies ». Dès lors l’entretien ne serait plus considéré comme une contrainte. Reste cependant à développer les débouchés auprès de particuliers ou de collectivités. Une association tente également d’encourager des projets. Quelques initiatives de chaudières bois pour des équipements collectifs existent, mais sont encore limitées.
Pierre Dénès
>>>> Contacts
Smega Pordic T : 02 96 43 89 45
Internet : www.smega.fr
Mail : agence.pordic@smega.fr, qgence.guingamp@smega.fr
Photo : Le Smega initie depuis plusieurs années des actions de reconstitution de haies bocagères sur des talus (au tractopelle) ou des billons à la charrue forestière.
MAE Bocage
Une vingtaine d’agriculteurs ont signé une MAE bocage. Il s’agit d’un engagement sur 5 ans pour les linéaires engagés. Ils bénéficient d’aides à l’entretien en fonction d’un cahier des charges qui fixe les engagements en tenant compte des haies. Les contraintes sont différentes selon qu’il s’agit d’une haie en formation ou d’une haie adulte …
42 km de création de haies bocagères sur 2009
Au cours de la campagne 2009, sur le territoire du Smega, ce sont 42 km de linéaires de haies bocagères qui vont être réalisées, principalement sur une dizaine de communes. Trois techniciens ont rencontré 200 agriculteurs, 30 % ont accepté de rentrer dans le programme. Les agriculteurs concernés bénéficient du soutien financier de l’Union européenne, de l’agence de l’eau Loire Bretagne, du conseil général et des deux communautés de communes concernées.