
Cette année, en Bretagne, les bonnes conditions météo ont accéléré les chantiers d’ensilage. Avec cet éventuel revers : certaines parcelles ont été récoltées avant la maturation complète des grains.
Olivier Fortineau résume la situation : « Les premières analyses en notre possession montrent :
•Des teneurs en matière sèche relativement élevées ;
•Des teneurs en amidon plutôt basses, non corrélées avec les teneurs en matière sèche ;
•Des teneurs en protéines basses, voire effondrées (jusqu’à 5,5% MS) ;
•Des teneurs en cellulose moyennes ;
•Une digestibilité faible de la matière organique ».
Favoriser les bonnes fermentations
« Ces ensilages ne devraient pas poser de problème d’ingestion et le risque acidogène est limité », estime le vétérinaire d’Ille-et-Vilaine. « La principale difficulté du rationnement de cet hiver sera de réunir les conditions nécessaires pour faire fermenter ces ensilages dans le rumen : des apports élevés de matière azotée seront nécessaires, et il faudra également fournir de la cellulose digestible pour initier les fermentations ruminales ».
« Dans ce contexte, la luzerne déshydratée va être un élément intéressant à incorporer dans les rations des vaches laitières pour plusieurs raisons », indique O. Fortineau. Et d’expliquer : « Tout d’abord, la luzerne déshydratée est une source de protéines, et cet apport protéique permettra de limiter la quantité de tourteau à distribuer ».
Environ 50% des protéines de la luzerne sont dégradables dans le rumen : riches en acides aminés ramifiés, ces protéines favoriseront le développement de la flore du rumen. « Enfin, c’est une source de cellulose digestible : elle contribuera à la stimulation de la flore cellulolytique ce qui permettra une meilleure digestion des tiges de l’ensilage de maïs ».
Sécuriser les rations riches en concentrés
Si une complémentation énergétique par l’apport de céréales s’avère nécessaire pour certains ensilages pauvres en amidon, « la luzerne déshydratée présentera un autre avantage : sa richesse en protéines et en minéraux lui permet de tamponner l’acidité du rumen ». Ainsi, elle sécurise les rations riches en concentrés.
En outre, si la luzerne est distribuée sous forme de brins longs, l’insalivation est augmentée, tant au moment de l’ingestion que de la rumination, ce qui contribue à une meilleure régulation du pH ruminal. « Cette régulation de l’acidité ruminale est d’autant plus nécessaire que la flore cellulolytique est très sensible aux variations de pH ».
Légende : Si la luzerne est distribuée sous forme de brins longs, l’insalivation est augmentée, ce qui contribue à une meilleure régulation du pH ruminal.