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Céréales / L'implantation du blé - Des leviers pour maîtriser les coûts
 

Le choix d'un itinéraire technique adapté au potentiel de la parcelle et aux objectifs de rendements reste la meilleure voie pour dégager de la rentabilité en céréales. Les observations faites par le CER (PB du 9 octobre) montrent clairement que la marge se fait sur le rendement et le prix de vente, pour un niveau d'intrants adapté.


La marge, liée au rendement


L'analyse des résultats dégageant les meilleures marges (plus de 1 000 euros/ha en 2008) montre que celles-ci sont réalisées avec un rendement moyen de 82 q/ha alors que des itinéraires liés à des conduites économes obtiennent un rendement moyen de 63 q/ha et une marge de 831 euros/ha. Le coût des intrants par tonne de céréales est identique (42 euros/t), si bien que l'optimisation du rendement influe pleinement sur la marge.  
On observe néanmoins une forte variation des coûts des intrants qui s'échelonnent entre 200 et 500 euros/ha. Peut-on économiser sur ces intrants, sans pénaliser le rendement ? C'est la question posée par beaucoup d'agriculteurs, car le coût global de production du blé est de l'ordre de 740 euros/ha. Il faut donc un rendement de 74 q et un prix de vente de 10 euros/q pour équilibrer les comptes.


Maîtriser les intrants


Des essais d'économies d'intrants ont été réalisés par les Chambres d'Agriculture sur l'ensemble de la Bretagne. "Dans l'Est de la région, où la pluviométrie est plus faible, les essais ont montré que l'on pouvait réduire les programmes fongicides sans pénaliser la marge en visant à réduire la luxuriance de la culture", explique Soizic Perche, de la Chambre d'Agriculture 35. "L'utilisation de variétés tolérantes aux maladies, une densité de semis plus faible, une réduction du premier apport d'azote et la suppression du régulateur de croissance ont permis de moduler les doses de fongicides et de réduire sensiblement les coûts". Mais, un tel itinéraire exige de l'observation et de la réactivité pour s'adapter rapidement aux conditions climatiques.


Quatre modalités de semis


L'autre levier, ce sont les charges de structure. La FDCuma 22 a comparé plusieurs modalités de semis, avec des profondeurs différentes de travail (de 15 cm à 3 cm), dans une parcelle de Saint Brandan. Elles ont été présentées lors des démonstrations organisées par les FDCuma en Ille-et-Vilaine et Côtes d'Armor. Pour un coût de 69 euros/ha (traction et main d'œuvre incluse), la première combinaison associe un cultivateur avant (3 m) et à l'arrière une combiné herse rotative et semoir à disques. "Ce sont des matériels polyvalents utilisables en labour et non-labour. Compte tenu de la profondeur de travail, il faut de la puissance de traction", souligne Jean-Marc Roussel, animateur à la FDCuma 22. Le débit de chantier reste limité (1,3 ha/h) et le déplacement sur route n'est pas facile avec l'outil avant.  
La seconde modalité comprend un déchaumeur travaillant à 15 cm et une adaptation de semoir pneumatique avec une trémie à l'avant. "Avec une largeur de travail de 5 m, le débit est ici de 3 ha/h, pour un coût de 40 euros/ha. C'est un outil polyvalent avec un débit de chantier élevé, mais la profondeur de semis est hétérogène et le travail du sol grossier". La troisième combinaison associe un déchaumeur à disques indépendants (5 m) et un semoir pneumatique à disques pour un débit de 3 ha/h et un coût de 47 euros/ha. "L'outil avance à une vitesse de 9 à 12 km/h, ce qui permet un bon débit de chantier. Cette combinaison réclame de la puissance (235 cv) et ce type d'outil est limité en conditions humides".
La quatrième solution est constituée par une fraise rotative (Semoir Hosch Sem-Exact) de 3 m, avec un débit de chantier de 1,5 ha/h (70 euros/ha). "Cette combinaison produit de la terre fine en surface assurant ainsi une bonne germination, la matière organique est conservée en surface et l'outil passe bien en présence de résidus végétaux. Compte tenu du travail superficiel à 3 cm et du semis à la volée, il faut un sol bien nivelé et bien ressuyé car il peut y avoir un lissage du sol".


L'implantation, phase capitale


Le coût de semis varie de 40 à 70 euros/ha. Selon les modalités, les rendements ont varié de 64 à 74 q/ha. Après déduction des charges d'intrants et des charges liées à la préparation de sol et au semis, la marge restante se situe entre 233 et 347 euros/ha, soit un écart de 114 euros/ha. Ces observations montrent que la réduction du coût de semis n'est que l'un des éléments à prendre en compte. L'implantation est une phase capitale où tous les éléments sont importants : la densité, la profondeur de semis, la surveillance à la levée... Le rendement se joue souvent dès le semis et les choix effectués à cette période impacteront les résultats et la rentabilité.      

Patrick Bégos




Photo : Un travail de déchaumage et de fissuration pour préparer le semis, sans retourner le sol.

 






L'enjeu parcellaire

Avec l'agrandissement des exploitations, la dissémination des parcelles devient aussi un enjeu dans la maîtrise des charges de mécanisation. Par rapport à un parcellaire groupé, une parcelle de 10 ha de blé située à 15 km nécessitera en moyenne 63 heures de temps sur la route (de l'implantation à la récolte). Si la parcelle est située à 5 km, il faudra passer 21 heures sur la route. Ce temps passé est, bien entendu, synonyme de coût en matériel, en carburant. L'une des solutions consiste à échanger les parcelles pour essayer de limiter le temps "perdu" et les coûts.



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Date de l'article : semaine du N° du 6 au 12 Novembre 2009
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