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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°10060 |
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Coût de production, coût de revient et point d’équilibre / Trois outils indispensables pour la gestion des élevages laitiers
 

Vouloir comparer le prix de vente d’un produit à la somme des charges engagées pour le fabriquer est la démarche de base pour voir quel résultat il dégage. Simple dans son principe ce rapprochement n’est pas toujours facile à réaliser car dans la majorité de nos exploitations existent plusieurs productions avec de nombreuses charges communes.


Répartition des charges : un exercice délicat


La répartition des charges ne pose pas de difficultés pour les charges opérationnelles qui sont directement affectables comme les engrais, l’aliment ou encore les frais vétérinaires. C’est nettement plus délicat pour les charges de structure comme le carburant, les frais de mécanisation ou les charges sociales. Les choses se compliquent encore quand dans un même atelier il y a plusieurs produits. C’est le cas de l’atelier lait qui produit du lait mais aussi de la viande (veaux, réforme, génisses, bovins viande) Déterminer avec précision les charges engagées pour produire un bien donné est donc assez délicat. Les techniques de répartition élaborées permettent de le faire avec fiabilité, constance dans le temps et en collant au mieux aux réalités de l’exploitation. Au final on obtient un coût de production puis un coût de revient, deux critères fondamentaux que l’on pourra comparer directement au prix de vente.


Le coût de production : toutes les charges de la comptabilité


Le coût de production est l’ensemble des charges opérationnelles et de structure mises en œuvre pour produire un bien. Ce sont les charges réelles de l’exploitation telles qu’elles apparaissent dans la comptabilité (y compris les amortissements et les frais financiers). Le coût de production moyen des exploitations laitières spécialisées des Côtes d’Armor s’élève à 318 e/1000 litres dans les clôtures du second trimestre 2009. Le résultat courant élevage qui vient en déduction du coût de production permet de tenir compte de la partie élevage (ventes des réformes, des veaux et des génisses – coûts affectés) et d’absorber la fluctuation sur la viande. Ce résultat varie selon la conjoncture et l’importance de l’atelier élevage. Il s’établit à -3e/1000 litres dans les dernières clôtures 2009.
Le coût de production est au final un seuil minimal de charges à couvrir. C’est seulement à partir du moment où le prix de marché dépasse ce seuil que l’activité commence à dégager du revenu. C’est aussi un puissant outil d’analyse car il permet de mettre en évidence les postes sur lesquels il faut agir en priorité. C’est ainsi qu’en production laitière on voit que les coûts alimentaires et les coûts de mécanisation sont les plus importants (56% du coût de production total). C’est aussi un outil de mesure de sa compétitivité par rapport à d’autres élevages semblables. Rappelons que les écarts sont importants : 25% des exploitations affichent un coût de production inférieur à 288 e/1000 litres tandis que 25% sont à plus de 340 e/1000 litres. La comparaison des coûts poste à poste permet de localiser les postes qui dérapent et sur lesquels il faut agir immédiatement. Enfin c’est un outil de suivi dans le temps : la comparaison de ses propres coûts d’une année sur l’autre permet de mesurer les progrès accomplis et de déceler les postes qui se dégradent.


Le coût de revient : pour prendre en compte tous les facteurs de production


En plus du coût de production, le coût de revient intègre des charges dites « supplétives » : le travail de l’exploitant et de sa famille, la rémunération des capitaux propres et du foncier en propriété. Pour faciliter les comparaisons on retient les mêmes rémunérations : 3.75% pour les capitaux propres, 20 800 e par actif familial à temps plein, 130 e/ha de terre en propriété. Le prix du lait doit logiquement couvrir le coût de revient. Mais le revenu dépend aussi des autres activités (cultures notamment), produits divers et surtout du résultat du DPU, très variable d’une exploitation à l’autre.
Coût de production et coût de revient servent à dissocier les activités pour cerner la rentabilité et les points à améliorer de chaque atelier. Par contre, les résultats sont dépendants des choix d’affectation des charges. Au final, l’équilibre reste global. D’ailleurs, un autre indicateur permet de regrouper toutes les activités de l’exploitation : c’est le point d’équilibre.


Le point d’équilibre : pour la trésorerie prévisionnelle


Le point d’équilibre est une approche de trésorerie : c’est le reflet des mouvements réels d’argent. C’est le prix minimum de vente permettant de dégager un produit suffisant pour couvrir l’ensemble des dépenses courantes, faire face aux annuités et intérêts CT et satisfaire les besoins en prélèvements privés de la famille.  Les amortissements (qui ne sont pas des sorties d’argent) sont remplacées par le remboursement en capital des emprunts. Le point d’équilibre trouve sa pleine utilité dans le domaine du prévisionnel, et tout particulièrement lorsque la conjoncture est difficile comme actuellement. Le point d’équilibre des exploitations laitières spécialisées des Côtes d’Armor s’élève à 328 e/1000 litres dans les clôtures comptables du second trimestre 2009.
Ces trois critères sont calculés depuis de nombreuses années par les CER FRANCE de Bretagne, dans un contexte où la production laitière était déjà confrontée à un manque de rentabilité. Sur les 10 dernières années, le revenu est resté nettement en-dessous des objectifs minimaux intégrés dans le coût de revient. Sur cette période, le constat est net : produire du lait coûte de plus en plus cher. La hausse du prix du lait en 2008 a certes permis de compenser la hausse des charges sur une année. Mais la tendance se retourne de nouveau en 2009, poussant un certains nombre d’élevage dans l’incapacité d’équilibrer les charges engagées. Dans ce contexte difficile, outre le combat pour un prix rémunérateur, l’analyse et la maîtrise des charges restent donc des leviers prioritaires dans la gestion de l’exploitation.

Service études
CER FRANCE Côtes d’Armor



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Date de l'article : semaine du N° du 6 au 12 Novembre 2009
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