
Le gouvernement veut aller vite dans la mise en œuvre du plan de soutien à l’agriculture. « Les premières sommes seront disponibles dès la semaine prochaine » a promis, le 2 novembre Bruno Le Maire suite à une réunion avec les syndicats agricoles pour mettre en place le plan de soutien annoncé par Nicolas Sarkozy il y a moins d’une semaine. Une lettre aux préfets et aux directeurs de l’agriculture sera envoyée dès cette semaine, leur donnant « des instructions pour qu’ils s’assurent de la bonne mise en œuvre de ce plan » a ajouté le ministre.
Le milliard de prêts bancaires annoncé devrait être réparti selon des critères « d’endettement et de niveau de revenu » des agriculteurs. « Je me méfie de la trop grande complexité des critères dans ce type de mesures » a fait savoir le ministre. L’objectif étant d’aller le plus vite possible a-t-il répété. « Le taux de ces prêts devrait être le même pour tous à 1,5 % et à 1 % pour les jeunes agriculteurs ». Un des critères de « priorité » pourrait aussi cibler les exploitations à « forte main-d’œuvre ». Le ministre a annoncé la désignation d’un « médiateur de crédit chargé d’aides à trouver des solutions dans les cas les plus difficiles, afin qu’aucun agriculteur ne soit laissé à son sort ».
Les syndicats, sceptiques sur la mise en œuvre
À l’issue d’une réunion qui a laissé un sentiment d’« inachevé », selon Philippe Collin de la Confédération paysanne, tous les syndicats s’avouaient sceptiques sur la faisabilité rapide du plan. Même Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA qui avait accueilli favorablement les annonces de Nicolas Sarkozy la semaine dernière comme « allant dans le bon sens », « se demande si on a envie de venir en aide » aux agriculteurs. « Ce plan n’est pas à la hauteur de ce que souhaitent les producteurs » a-t-il dit n’excluant pas de « nouvelles manifestations ». « Ce qui est acté aujourd’hui est la possibilité pour les paysans de s’endetter encore plus » a résumé le porte-parole de la Confédération paysanne. « On essaie de limiter la casse : l’argent doit arriver très vite, immédiatement » insiste François Lucas, président de la Coordination rurale. Aucun chiffre n’a été donné ni sur le niveau des critères ni sur le nombre d’agriculteurs éligibles.
Légende : Selon la Fédération nationale porcine, plus de 20% des élevages de porcs ont d’ores et déjà un taux d’endettement supérieur à 100%.