
Dans cette usine de l’Oréal, à Libramont en Belgique, les cosmétiques, en l’occurrence des produits capillaires (shampoings, gels, teintures), sont désormais fabriqués avec de la chaleur et de l’électricité issues de la combustion du méthane. L’électricité excédentaire est vendue au réseau public, pour une consommation équivalant à 4 000 foyers.
Ce méthane provient de 54 000 tonnes de matières premières, dont 75% sont des résidus des industries alimentaires et 25% de cultures énergétiques conduites par les agriculteurs alentour. Les résidus agroalimentaires sont des liquides issus des lavages des laiteries et boulangeries, des vinasses (effluents liquides des sucreries), des épluchures de pommes de terre et autres légumes, auxquels peut être ajouté de la glycérine, co-produit des usines de biodiesel, qui a un fort « potentiel méthanogène ». Les cultures énergétiques sont du maïs plante entière, sur 250 hectares sous contrat.
Recherche : des maïs de 4 à 7 mètres de haut
Aux questions posées sur le risque que les cultures énergétiques dédiées prenne la place de surfaces qui pourraient être utiles aux cultures alimentaires, les dirigeants du site de Libramont répondent que dans cette région de polyculture-élevage, le risque est plutôt que les exploitations agricoles disparaissent, faute d’activité suffisante. Pour les cultures énergétiques, l’Oréal est partenaire du Centre de recherche agronomique de Gembloux, qui tente de mettre au point avec la France et l’Allemagne des maïs de 4 à 7 mètres de haut pour en augmenter le rendement de biomasse. « De l’herbe coupée trois fois dans l’année pourrait avoir le même rendement en biomasse qu’une récolte de maïs, mais avec moins d’engrais et de produits de traitement », a précisé Francis Habran.
Photo : L’objectif du groupe L’Oréal est de réduire de 50% ses émissions de gaz à effet de serre.