
Le collectif FCO 22 "Pour le libre choix de prophylaxie" regroupant des éleveurs (bovins et ovins ) qui ne souhaitent pas vacciner leur troupeau contre la FCO a été constitué récemment. C’est à son initiative qu’une trentaine d’éleveurs se sont retrouvés jeudi devant la Direction des services vétérinaires à Ploufragan. Une action pour dénoncer la mise en demeure sur l’obligation de vacciner ovins et bovins contre la FCO.
Une délégation a été reçue par Jean-Charles Quintard, directeur des services vétérinaires, ainsi que par Louis Blandel et Patrick Le Provost, président et directeur de la Fédération départementale des groupements de défense sanitaire. Deux positions s’affrontent, celle du collectif qui justifie la volonté des éleveurs de ne pas vacciner (voir ci-dessous) et celle de la Direction des services vétérinaires qui doit faire appliquer la réglementation qui précise le caractère obligatoire de la vaccination.
Efficacité incontestable
Le collectif se défend d’être contre toutes les prophylaxies obligatoires. Il a développé ses arguments pour marquer son hostilité à la vaccination FCO et mis en évidence quelques conséquences rapportées par des éleveurs qui ont vacciné. « La maladie n’est pas contagieuse d’animal à animal et la santé humaine n’est pas menacée par le virus », explique l’un des membres du collectif. Un autre signale “une augmentation des avortements, des veaux anormaux suite au vaccin”. Ils estiment que c’est à chaque éleveur d’assumer ses responsabilités et de faire le choix de vacciner ou non. Persuadés en outre que « l’obligation de vaccination fait surtout l’affaire de l’industrie pharmaceutique».
Des arguments qui n’ont pas convaincu les représentants de la DSV et de la FGDS. Jean-Charles Quintard, directeur des services vétérinaires, souligne que l’obligation de vaccination lui impose de faire respecter la réglementation. Le courrier adressé va dans ce sens. Et la procédure prévoit en outre des sanctions en cas de non respect.
Ses arguments vont au-delà de la simple réglementation. Il rappelle que l’efficacité de la vaccination est incontestable, chiffres à l’appui. « 20 000 cas de fièvre catharrale en France sur une année avant le vaccin, une dizaine seulement après la campagne de vaccination ». Directeur des services vétérinaires dans le département des Ardennes en 2007 il a également vécu la maladie et ses conséquences. « Les éleveurs ont souffert économiquement ». Réfutant les arguments du collectif selon quoi les conséquences seraient faibles. « Ceux qui n’ont pas vacciné ont profité de la couverture vaccinale assurée par ceux qui vaccinent ».
Application de la réglementation
De son côté Patrick Le Provost assure que les responsables sanitaires du département ne sont pas pour la vaccination automatique contre tout. « Nous avons refusé la vaccination contre la brucellose et la poursuite de celle contre la fièvre aphteuse ». Il estime cependant que dans le cadre de la FCO, il s’agit d’une maladie réglementée, notamment sur les échanges d’animaux. Il rappelle les difficultés rencontrées avec l’Italie et l’Espagne. Par ailleurs, c’est au vu des pertes économiques, que l’Afssa a préconisé la vaccination.
Quant aux pertes liées à la vaccination, les remontées des vétérinaires ainsi que les déclarations des éleveurs ne font pas apparaître un nombre anormalement élevé d’avortements. Rappelant également que si le développement d’une immunité acquise par les animaux au contact du virus est une bonne idée, les scientifiques estiment qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments qui permettent de l’assurer.
Les éleveurs du collectif et les services vétérinaires ont campé sur leurs positions. Les éleveurs ont de nouveau été invités à se conformer à la réglementation, et donc à vacciner rapidement. A défaut, le dossier sera transmis au procureur de la République et s’exposent aux sanctions.
Pierre Dénès
Photo : Bien que courtois le dialogue entre le collectif et DSV/FGDS n’a pas permis de rapprocher les points de vue.