
En parallèle de la poursuite du découplage (100 % de la PAB, 25 % de la PMTVA), une partie des nouvelles aides directes découplées seront réorientées vers certains DPU, de nouvelles aides couplées seront créées et une modulation obligatoire supplémentaire, enfin, verra le jour pour financer de nouvelles mesures de développement rural. À l'échelle de l'exploitation, pour compenser d'éventuelles pertes d'aides entraînées par la réforme, c'est vers les nouveaux dispositifs qu'il faudra donc se tourner. Mais les calculs sont pour le moins laborieux et, notait un producteur, "ces informations arrivent tard, alors que nos assolement sont déjà décidés !"
Des disparités
Tous les élevages de bovin viande ne seront pas égaux face à l'évolution des aides. "Plus on a de primes, plus le prélèvement sera important", notait Thierry Offredo, conseiller viande bovine à la Chambre d'agriculture. Les systèmes intensifs seront plus touchés : ainsi, un naisseur intensif disposant de 115 DPU / ha en 2008 pourrait voir son montant d'aides baisser de 32 euros / ha. Mais les moins bien lotis, avec cette réforme, sont les engraisseurs purs, qui pourraient voir leur montant d'aides baisser jusqu'à 77 euros / ha (hors compensation).
Veau : des inquiétudes
En outre, la perspective du bilan de santé et de son découplage à 100 % de la PAB suscite d'importantes inquiétudes pour la filière veaux de boucherie. La PAB représente 50 euros / animal. 87 % de l'aide sera désormais incluse sous forme de DPU. "Quid de la reprise d'un atelier sans ces DPU ? interroge andré corlay, spécialiste des questions pac à la chambre. Quelle sera la rentabilité de l'atelier ?" Certains craignent aussi de voir dans ces conditions la production bretonne fléchir d'un coup.
Un trop plein
Mauvaise conjoncture à répétition, perspectives d'évolution réglementaire peu réjouissantes… le tableau n'est pas tout rose pour les éleveurs viande. Le découragement était d'ailleurs largement palpable, jeudi soir dans l'assemblée. Des évolutions importantes sont requises. Pour l'heure et dans cette perspective, la section régionale viande travaille à une réorganisation de la filière au travers du dispositif OP et AOP. Un autre travail est en cours en vue de sécuriser l'engraissement.
Anne-Laure Lussou
Photo : Chez un engraisseur bénéficiant de 511 DPU / ha en 2008, l'effet du bilan de santé peut aller jusque – 77 euros / ha (hors compensation).
Modification du passage PMTVA / quotas
Les conditions de passage PMTVA / quotas laitiers ont été revus. Si la DDEA proposait initialement une équivalence de 4 500 litres, "la correction de la valeur d'échange lait/PMTVA ne doit pas passer en dessous de 5 500 litres par droit", annonce la section.