
Le cours du porc à Plérin était évalué à 1,005 euro/kilo ( -0,2 cent) , lundi 26 octobre 2009. Les 14331 porcs ont été vendus à l’exception de deux lots. Il semblait stabilisé. Mais est-il envisageable qu’il passe sous le plancher de 1 euro ces prochaines semaines ? « Ce n’est pas exclu », explique Michel Rieu, directeur du pôle économie à l’IFIP-institut du porc, avant d’ajouter que « cela a déjà été le cas lors des crises précédentes. En 2003, le cours était descendu en dessous de 90 centimes d’euros. Et en 1998, il avait atteint les 5 francs (NDLR : 0,76 euro). » Pour Paul Auffray, secrétaire général de la FNP (Fédération nationale porcine), « un euro est un chiffre symbolique, et si le cours passe sous la barre de 1 euro, cela risque d’affecter davantage le moral des éleveurs, déjà très bas. » Il déplore qu’en cours d’année 2009, plus de 20% des éleveurs de porcs ont d’ores et déjà un taux d’endettement supérieur à 100%.
Une crise de la demande
Une telle chute des cours est-elle uniquement la conséquence de la crise financière actuelle ? Pas seulement, selon Michel Rieu. Il explique que « les éleveurs doivent faire face à une crise des coûts de revient cumulée à la crise financière débutée en 2008 qui affecte durement la demande. » La demande extérieure surtout, si l’on en croit Jean-Michel Serres, président de la FNP. Ce dernier explique qu’ « en 2009, les exportations vers l’Union européenne ont chuté de 15%. C’est l’Allemagne qui est devenu le pôle central de production de porcs en Europe. » Une affirmation confirmée par l’IFIP dans le « baromètre du porc » du mois d’octobre selon lequel l’Allemagne sort en tête au classement des exportateurs mondiaux au 1er semestre 2009 avec 1,16 million de tonnes de viandes et produits porcins vendus. Autre cause d’après l’institut, la faible consommation intérieure de porc frais est aussi un facteur explicatif (3,5% de baisse en volume entre 2008 et 2009 sur la période de mi-août à mi-septembre).