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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°10038 |
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Porc / Génétique hollandaise chez les époux Paugam à Plouvorn (29) - Une nouvelle truie dans le paysage breton
 

Truies nerveuses, mises bas longues, déplacements d'animaux difficiles, les griefs des époux Paugam envers leurs anciennes truies ne manquent pas. "La nervosité des truies devenait vraiment un problème. Le bruit en maternité et en gestante, surtout". Le changement d'aliment ou de programme alimentaire, l'appel à des techniciens, rien n'y a fait. "Nous avons fini par remettre en cause notre génétique. Depuis plus d'un an, nous achetons des cochettes, de génétique hollandaise, en provenance d'Allemagne, via la société Pro D'a Tech". Bonne pioche visiblement. Avec désormais plus de la moitié du troupeau de 180 truies originaires d'Outre Rhin, le calme est revenu. "Le jour et la nuit en terme de tempérament", insiste Alfred. De fait, à l'entrée en maternité où toutes les truies sont estampillées "Hypor", avec des porcelets nés dans la semaine, pas une oreille ne s'élève. Pas vraiment le même constat dans la maternité voisine où les teutonnes sont en minorité. "La différence est nette. Nous ne sevrons pas plus de porcelets, mais nous avons moins de travail en maternité. Les truies sont calmes, mettent bas rapidement. Les derniers nés ont le temps suffisant pour une bonne prise de colostrum".


Hernies


Douze porcelets sevrés par truie précisément. Pas plus qu'auparavant. "Il y a même un peu moins de nés totaux. Les porcelets sont cependant plus lourds à la naissance. Les truies sont maternelles et meilleures laitières. Elles sèvrent plus facilement leurs porcelets". Franck Perrigoué, directeur de Pro D'a Tech, premier distributeur des cochettes en Bretagne, insiste : "L'important, c'est d'avoir des porcelets capables de boire du colostrum rapidement pour assurer, par la suite, une bonne homogénéité en terme de statut sanitaire". Pour Paul Créac'h, responsable Hypor France, l'explication tient en une formule. "Dans le calcul de la valeur Blup (génotype) de la truie, nous prenons en compte, depuis plusieurs années, la qualité des porcelets, notamment leur poids à la naissance, ainsi que le pourcentage de perte sur nés vifs et le nombre de morts nés". Ces critères de sélection, qui témoignent des qualités à produire et à élever de beaux porcelets, pèsent pour 29% dans la valeur Blup de la truie. Autre originalité: "Nous éliminons, du schéma de sélection, la descendance des truies nerveuses et toutes les portées dont l'un des congénères présente une anomalie (hernie, splay legs)". Pour l'éleveur, le résultat ne fait aucun doute. "Les hernies et les pifs sont bien moins nombreux avec la nouvelle génétique".


Chaleurs visibles


Sélectionnée depuis cinquante ans, la cochette commercialisée est le produit de deux lignées composites. La première, à dominante Large White, a bénéficié d'un apport de sang chinois Meishan, à la fin des années 80. La seconde est à dominante Landrace. L'équilibre qui en découle offre à l'éleveur un animal facile à élever. " Même les venues en chaleur sont plus visibles", poursuit Alfred Paugam. "Par contre, je n'ai pas suffisamment de recul sur les résultats d'engraissement. Je n'ai pas noté de différence, pour le moment, avec l'ancienne génétique". Paul Créac'h se montre rassurant. "Nous avons travaillé sur la qualité maternelle des truies sans négliger les critères de performance d'engraissement des charcutiers et la qualité des carcasses".
Dix cochettes sont livrées toutes les six semaines. "Elles sont en quarantaine sur paille pendant cinq semaines avant d'intégrer la verraterie gestante. Je n'ai pas eu à déplorer de problèmes d'adaptation". Les époux Paugam, et la quarantaine d'éleveurs bretons, qui ont fait le choix de cette génétique, pourraient, à l'avenir, recevoir des cochettes élevées ou conçues en France. L'organisme de sélection Hypor recherche des élevages de multiplication pour les besoins locaux.

Bernard Laurent


Photo : De gauche à droite: Paul Créac'h, responsable Hypor France, basé à Saint Brieuc, Alfred Paugam, éleveur, Franck Perrigoué, de Pro. D'a. Tech (agence de commerce et de conseil lié), distributeur de la génétique Hypor, basée à Hénon (22). 



 


Autorenouvellement biosécurisé, à la pointe du progrès génétique

La firme Hypor, division porc du groupe Hendrix Génétics, propose, pour les élevages de plus de 500 truies, un système d'autorenouvellement fermé. Une pyramide, constituée de 10% d'arrière grands-parentaux (AGP) et de 90% de grands parentaux (GP), est livrée au départ du système. Cette pyramide représente 8% du nombre de truies de l'élevage. (Pour un élevage de mille truies: 8 AGP, 72 GP et 920 truies F1 productives). À la suite de cette livraison, il n'y a plus aucune entrée d'animaux. Seules les listes Blup informatisées et les doses de semences de verrats d'élite entrent dans l'élevage. Le système vise à assurer une biosécurité maximale, un progrès génétique contrôlé, une bonne gestion de la consanguinité et une rentabilité économique, l'éleveur produisant ses propres cochettes.



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Date de l'article : semaine du N° du 30 Octobre au 5 Novembre 2009
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