Le 24 novembre, les commissaires vont se prononcer sur les intentions de l’Union européenne sur le budget communautaire après 2013. Une première communication donne le ton. Les efforts seront concentrés sur les politiques à « haute valeur ajoutée européenne ». La Pac ne faisant pas partie des priorités ainsi édictées. Parmi les trois pôles prioritaires, le volet « climat et énergie ». C’est dans ce chapitre que l’on apprend que les dépenses de la Pac devront être « climat-compatibles » et liées à des objectifs de réduction de gaz à effet de serre au niveau national. Ainsi, un troisième pilier de la Pac pourrait être consacré aux actions en lien avec le changement climatique. Et le financement pourrait être assuré par un supplément de modulation obligatoire prélevé sur les aides directes. Dans ce cadre, l’objectif de réduction de la part budgétaire consacrée à l’agriculture va se poursuivre après 2013, sachant que cette part sera déjà passée de 61% en 1998 à 32% en 2013. En même temps le projet évoque la possibilité de cofinancement des aides directes par les États membres... Autrement dit, la poursuite de la « renationalisation » d’une politique agricole européenne de moins en moins commune. « Le contenu très novateur, parfois jusqu’à la provocation, de ce texte paraît inapproprié pour une commission en fin de mandat » s’est indigné le député européen Alain Lamassoure. Surprise non feinte du président de la Commission parlementaire des budgets, non informé de la parution de cette communication. Le projet s’inquiète quand même de « l’approvisionnement alimentaire d’une population mondiale en croissance » et suggère d’augmenter la productivité agricole... La Commission européenne aurait-elle perdu le lien entre politique alimentaire et politique agricole ?