
Le temps est venu de faire des propositions constructives pour assurer l’avenir de la production laitière dans notre département face au nouveau contexte", a affirmé Joseph Ménard, président de la Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine. En réunion le 13 octobre, les professionnels agricoles ont envisagé les actions à mettre en œuvre pour accompagner le changement profond que la filière s’apprête à vivre : la suppression des quotas laitiers à l’horizon 2015, déjà déstabilisés par la réforme de 2003.
Dans un premier temps, le contexte laitier a été présenté et analysé. Il apparaît que l’évolution à la baisse des prix du lait était programmée dans le cadre de la Pac et que les réformes ont conduit à affaiblir de plus en plus les mécanismes de régulation. C’est le panorama d’un marché laitier mondial dominé par l’Océanie et l’Union européenne qui a été dressé. Si la Bretagne ne pèse que très peu sur ce marché mondial, celui-ci représente pour elle un débouché déterminant (12% de sa production part à l’export). De son côté, la production laitière du département, bien engagée sur le chemin du respect de l’environnement, dynamique puisque suscitant des installations toujours nombreuses, est encore en mesure de progresser d’un point de vue technique, économique et environnemental.
Plusieurs voies de régulation
Une réflexion en groupe de travail a ensuite été menée. Elle a conduit à identifier les conséquences de la fin des quotas et les actions qui seraient prioritaires "pour assurer dès maintenant une régulation sous différentes voies : réglementaire, organisationnelle, actions sur les marchés, modes de financement des exploitations agricoles…". Les conditions pour la compétitivité des exploitations laitières du département ont été également examinées. De ce diagnostic, plusieurs propositions ont émergé. Elles portent sur les volets essentiels que sont l’amélioration de la structure des exploitations (parcellaire, bâtiments…), la maîtrise des coûts de production et du travail, et les évolutions nécessaires pour financer le capital d’exploitation et pour gérer sans subir les fluctuations de marché.
Le troisième temps a donné lieu à un débat en présence de Michel Cadot, Préfet de Bretagne et d’Ille-et-Vilaine. Tous les intervenants insistent sur l’intérêt de poursuivre la réflexion afin de concrétiser la richesse des pistes recensées. "Ce travail peut servir pour un projet agricole breton que j’appelle de mes vœux", a souligné Michel Cadot, en réaffirmant la volonté de l’Etat de travailler avec les professionnels. L’objectif étant de mettre en place très prochainement, un certain nombre d’outils, d’une part en France dans le cadre de la future loi de modernisation de l’agriculture, et d’autre part à Bruxelles. Le préfet a aussi insisté sur la nécessité de communiquer sur le terrain auprès de l’ensemble des éleveurs. "Nous sommes au milieu du gué, en période difficile. Il faut que tous, collectivités, professionnels agricoles et Etat, nous travaillions ensemble".
Source : Chambre d’Agriculture
Photo : De gauche à droite : Jean Cézard (DDAF), Michel Cadot (préfet de Bretagne et d’Ille-et-Vilaine) et Joseph Ménard (président de la Chambre d'agriculture).