
Pour manipuler son troupeau de 65 Limousines, Ronan Plouzennec a investi dans un parc en demi-lune de 3,50 m de rayon, avec trois panneaux et une porte antirecul. La présence de poteaux de hangar a en effet contraint de réduire quelque peu la taille du parc. Mais cette installation montre qu’à force d’astuces, il est toujours possible de concevoir des installations fonctionnelles.
Ce parc de contention fixe et couvert est installé dans le passage du troupeau. Avantage : les animaux ne se méfient pas à l’approche d’une nouvelle intervention.
Cet équipement est d’autant plus indispensable que l’éleveur, adhérent à Breizh bovins croissance, travaille le plus souvent seul sur l’atelier allaitant conduit en système naisseur-engraisseur depuis deux ans.
Jamais parmi les animaux
Le système permet d’intervenir à l’abri des coups de pieds, jamais parmi les animaux, puisqu’il y a toujours une barrière entre l’éleveur et les bovins. « Tous les panneaux sont pleins, les animaux sont plus calmes, la circulation est meilleure et il n’y a pas de risques de blessures ».
Le parc aboutit sur le couloir de contention qui débouche sur une cage-bascule avec porte autobloquante. L’animal se bloque seul à l’avant, ce qui laisse le temps à l’éleveur de fermer l’accès arrière de la bascule.
Cette installation complète les cornadis de la stabulation. Présent lors de la porte ouverte, organisée par la Chambre d’agriculture, Bovins Croissance, le GDS, la MSA, l’association Border Collie, le vétérinaire de l’exploitation, M. Douguet, dit d’ailleurs apprécier tout autant les cornadis pour les vaccinations ; la cage de contention étant à réserver pour les interventions individualisées.
Dressage au licol
Pour avoir un troupeau calme, l’écornage est vivement recommandé. Le GDS préconise désormais d’intervenir avant 4 semaines d’âge. « Pour autant cela n’exclut pas d’éliminer certains animaux sur le caractère car, dans un lot, il suffit d’un animal pour énerver l’ensemble. Le caractère et surtout le mauvais caractère sont en effet très héritables ». D’où une sélection sur le tempérament menée sur ce troupeau.
Depuis peu, Ronan Plouzennec essaie de dresser ses génisses à la corde, selon une technique actuellement vulgarisée dans les formations « vaches allaitantes ». En résumé, il s’agit de bloquer les animaux au cornadis et de leur passer un licol. Puis, on débloque le cornadis et on laisse les génisses attachées une demi-journée. L’important est de bien poser les licols et de garder les génisses serrées les unes près des autres pour limiter les grandes bousculades. L’opération est renouvelée plusieurs fois jusqu’à ce qu’elles soient apprivoisées. Le pari est que, devenus adultes, les bovins se souviennent d’avoir été pris et maintenus. Ce qui, en toute logique, doit rendre les interventions plus faciles.
Photo : L’élevage Plouzennec compte 65 vaches limousines conduites en système naisseur-engraisseur.
Des aides à la contention
Les éleveurs peuvent obtenir des aides à la contention et aux aménagements des abords.
L’aide est de 40% pour des investissements compris entre 2 000 et 4 000 euros. Un second programme d’aides du même montant est mis en place pour l’amélioration de la voirie d’exploitation, des zones de manoeuvre et d’embarquement (éclairage, évacuation des eaux pluviales, ouvrages bétonnés et tubulaires).
Au total les aides peuvent atteindre 800 à 1 600 euros par dossier, soit de 1 600 à 3 200 euros si la demande porte sur les deux volets.
Pour bénéficier de ces programmes, il faut faire appel à son groupement bovin qui établira un diagnostic et un plan d’investissement prioritaire. Une demande préalable est indispensable.