
Le verger cidricole des Côtes d’armor s’étend sur 554 ha dont une centaine en production biologique. Il représente 22 % du vergerbreton, derrière l’Ille et Vilaine (43%), avant le Morbihan (18%) et le Finistère (13%). Un verger essentiellement constitué de variétés bretonnes dont 2 spécifiques au département « Marie Ménard » et « Jeanne Renard ».
Chambre et Conseil général impliqués
Concentrés majoritairement sur l’Est du département, les acteurs du verger cidricole ce sont d’abord 161 producteurs, dont 10 en production biologique, sur des surfaces moyennes de 3,45 ha. Seulement 10 producteurs en font leur activité principale. Le revenu du verger est cependant significatif pour 30 % d’entre eux. La production représente 50 emplois en équivalents temps plein.
Ce verger produit environ 16 400 tonnes de pommes (25% du tonnage breton), dont la plus grande partie est destinée à la production de cidre, 14 400 tonnes pour 101325 hectolitres produits. 1000 tonnes vont à la production de jus de pomme, 600 pour le pommeau, et 400 pour l’eau de vie.
Le secteur de la transformation est partagé entre un outil coopératif, les Celliers Associés à Pleudihen, qui produit 85 % du cidre, 3 artisans cidriers et 24 producteurs de cidres dits fermiers. Comme pour la production, la transformation est plus présente à l’Est du département, avec cependant quelques unités dans le Trégor et le Goëlo et une en Centre Ouest Bretagne.
Preuve que ce secteur n’est pas considéré comme mineur, l’implication de la Chambre d’agriculture qui, en partenariat avec le Conseil général, soutient la filière. Elle répond ainsi à la demande des professionnels réunis au sein du Cidrec , à la fois dans le secteur de la production, de la transformation et du développement des marchés. Deux techniciens sont spécifiquement affectés au secteur cidricole, Dominique Biche pour le partie production, et Alain Le Page pour la partie transformation et valorisation.
Objectif qualité
Il s’agit donc d’accompagner les producteurs avec pour objectifs le revenu par la maîtrise des charges et l’optimisation des rendements, le reespect de l’environnement, l’amélioration de la qualité de la production (état sanitaire, richesse en sucres). Outre l’accompagnement individuel des actions plus collectives sont entreprises au travers de bulletins techniques, de formations, de recherche de références. Récemment a été mise en place un réseau de 6 stations météo, assurant ainsi la diffusion d’informations importantes sur les risques sanitaires (tavelure par exemple).
L’action dans le secteur de la transformation vise aussi a assurer un revenu aux cidriers par l’amélioration de la régularité et la typicité des cidres. Ils peuvent comme les producteurs bénéficier d’accompagnements individuels, des analyses au laboratoire cidricole, de la mise en place du guide des bonnes pratiques d’hygiène …
Ces démarches en amont et en aval visent toutes à améliorer la qualité des cidres. « En 10 ans, on constate une nette amélioration des différents paramètres (piqûre acétique, graisse, framboisé, piqûre lactique, phénols volatils) », note Alain Le Page.
Les actions développement du marché ne sont pas oubliées. Un travail de communication est mené au travers de diverses actions : le concours régional des cidres au sein du salon Terralies (20 ans d’existence) qui regroupe 2/3 des cidriers et distillateurs professionnels de Bretagne, 40 cidriers amateurs, la route des cidres du département (13 adhérents). Le développement passe aussi par la recherche de références sur des variétés locales soit pour la production de cidres, soit pour le pommeau.
Pierre Dénès
Photo : Elus de la Chambre et du Conseil général en visite aux Celliers Associés à Pleudihen.
Le marché du cidre
- La production française de fruits à cidre commercialisée
= 250 000 tonnes
64 % destinés à la production de cidre, 15 000 tonnes pour l’export, 36 500 tonnes pour la production de jus de pomme, concentrés et vinaigre, 32 500 tonnes pour le calvados, 60 000 tonnes pour le pommeau
- Le marché du cidre se partage entre la consommation intérieure, 928 000 hectolitres et l’export 90 000 hectolitres.
- La grande distribution assure 67 % des ventes
- Le marché est dominé par deux groupes coopératifs, 88 % du marché ; les artisans (50 opérateurs) réalisent 7 % des ventes, et les producteurs-transformateurs 5 %.
- 2/3 des ventes se font sous les marques des entreprises et 1/3 sous marques de distributeurs